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Les éclaireurs, ICI Première.
Les éclaireurs, ICI Première.
Audio fil du mercredi 15 mai 2019

Discussion sur la mobilité avec des experts de Montréal, Toronto et Vancouver

Mobilité et transport : l’étalement urbain, un problème majeur et persistant

Publié le 16 mai 2019
Une banlieue montréalaise
Les banlieues poussent de plus en plus dans la grande région de Montréal.PHOTO : iStock

« À Québec, [ce sont] 97 % des gens qui se sont installés au cours des 10 dernières années là où il n'y a pas de transport collectif, là où on est totalement dépendants de l'automobile. À Montréal, je pense qu'on est à 83 %. [...] La croissance se fait là où il n'y a pas de transport en commun, et plus on la déporte en périphérie, moins on est capables de donner du transport collectif », note Gérard Beaudet, professeur titulaire à l'École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l'Université de Montréal. Avec ses collègues Éric Turcotte, à Toronto, et Meg Holden, à Vancouver, il fait le point sur les problèmes de l'étalement urbain et de la surutilisation de la voiture au Canada.

Selon l'urbaniste Éric Turcotte, l’étalement est une véritable plaie dans la Ville Reine. « À Toronto, on rajoute environ de 125 000 à 130 000 nouveaux résidents chaque année. Donc on rajoute la ville de Trois-Rivières dans la grande région de Toronto. […] On continue à s’étaler beaucoup », déplore-t-il.

Le son de cloche est le même du côté de Gérard Beaudet. Celui-ci estime que si l’étalement constitue un problème, la manière dont cet étalement s’effectue en représente un autre.

« Quand on regarde la configuration de nos agglomérations, l’étalement urbain, ce n’est pas une tache d’huile. On ne s’étale pas en continu : on s’étale en discontinu, ce qui fait que plus on s’éloigne, plus les secteurs en émergence sont éloignés les uns des autres, et il y a donc de moins en moins de bassins de population à desservir. Et comme il y a des bassins qui sont à faible densité, avec peu de population, les coûts de desserte [de transport en commun] deviennent exorbitants. »

« [Le fait] de continuer à construire des banlieues, des bungalows sur de grands terrains [signifie que] c’est impossible de venir desservir les populations avec du transport en commun. »

—  Éric Turcotte, urbaniste

Des doutes au sujet du REM

Par ailleurs, Gérard Beaudet reste sceptique quant au Réseau express métropolitain (REM), ce projet de train électrique qui reliera le centre-ville de Montréal à la Rive-Sud, à la section nord de la couronne de Montréal de même qu’à l’ouest de l’île montréalaise, ainsi qu’à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau. Au total, le trajet sera de 67 kilomètres et comptera 24 stations.

Selon l’urbaniste, le projet pourrait ne pas mobiliser autant d’usagers que ce qui est prévu, soit 150 000 personnes par jour. Il craint que ceux qui possèdent une automobile dérochent rapidement si le REM n’est pas efficace, ou encore difficilement accessible.

« Il faut comprendre que pour que ça fonctionne, pour qu’il y ait des achalandages élevés, il faut qu’on puisse rabattre les populations sur ces corridors-là, parce que la quantité de gens qui habitent à distance de marche des corridors est nettement insuffisante. Et le problème, c’est le rabattement : ça prend des autobus, il faut avoir un niveau de service qui est suffisamment élevé pour que les gens aient l’impression de ne pas perdre du temps. […] Les transbordements et les correspondances sont ce qui tue le transport collectif. Plus il y a de correspondances, plus elles sont difficiles, et plus les gens décrochent ou évitent d’abandonner l’automobile. »

—  Gérard Beaudet, professeur titulaire à l'École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l'Université de Montréal