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Neurologie avec Dave Ellemberg : Effacer les mauvais souvenirs

Les éclaireurs, ICI Première.
Audio fil du lundi 12 mars 2018

Neurologie avec Dave Ellemberg : Effacer les mauvais souvenirs

Le propranolol, cet étonnant médicament qui aide à effacer les mauvais souvenirs

Un cerveau
Le cerveau humainPHOTO : iStock / Monsitj
Les éclaireurs, ICI Première.
Les éclaireursPublié le 13 mars 2018

Certains souvenirs peuvent être si douloureux que l'on ne souhaiterait qu'une seule chose : les oublier. Or, il est maintenant possible d'effacer en partie la douleur associée aux mauvais souvenirs, dit le neuropsychologue Dave Ellemberg. « Quelques études ont trouvé qu'il est possible d'estomper les mauvais souvenirs, mais surtout les émotions négatives qui y sont associées, à l'aide d'un médicament : le propranolol », explique-t-il.

C’est du moins ce qu’ont démontré ces dernières années des chercheurs des Pays-Bas avec des patients qui avaient la phobie des araignées.

Dans leur étude parue en 2016, les chercheurs néerlandais ont constaté que des patients à qui on avait administré une dose de propranolol, un médicament utilisé contre l’hypertension artérielle et les migraines, étaient complètement débarrassés de toute frayeur lorsqu’ils se trouvaient en présence d’une tarentule.

« Les résultats étaient assez incroyables. […] Les arachnophobes à qui on a montré l'araignée et qui ont pris le propranolol ont eu une diminution significative de leur peur au fil des séances, parce que cela a été fait sur plusieurs séances, pour en arriver au point où ils pouvaient tenir la tarentule dans leurs mains, la manipuler. C’est comme si leur peur avait été effacée. »

— Une citation de  Dave Ellemberg, neuropsychologue

Pour sa part, le psychiatre Alain Brunet, professeur au Département de psychiatrie de l'Université McGill et chercheur à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, s’est penché sur l’efficacité du propranolol pour traiter des victimes d’attentats souffrant du syndrome de stress post-traumatique, notamment celles qui ont vécu les événements de Nice et de Paris.

À raison d’une séance de 30 minutes une fois par semaine, les chercheurs ont demandé aux victimes de faire le récit de ce qu’elles avaient vécu. Une heure avant chaque séance, on leur a administré du propranolol. Les résultats ont été étonnants, selon Dave Ellemberg.

« Après six semaines […], on a remarqué que deux personnes sur trois avaient une diminution significative de leur peur et des souvenirs associés aux événements. De sorte que plusieurs ont pu reprendre leur vie normale, leur vie qui avait été en suspens pendant quelques années. Ils ont pu même retourner sur les lieux des événements. »

— Une citation de  Dave Ellemberg, neuropsychologue

Le neuropsychologue explique que lorsqu’on réactive un souvenir, ce dernier redevient malléable pendant une période de 2 à 6 heures. Le propranolol vient pour sa part empêcher la stimulation des protéines dans le cerveau qui permettent de reconsolider les souvenirs. « Le souvenir ne se reforme pas », résume Dave Ellemberg.