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Billet d’humeur de Véronick Raymond : L'argent et la mort

Les éclaireurs, ICI Première.
Audio fil du mercredi 23 novembre 2016

Billet d’humeur de Véronick Raymond : L'argent et la mort

Quand la mort d'un proche réveille le monstre en nous

Un frère et une soeur n'arrivent pas à s'entendre au sujet de l'héritage.
Véronick Raymond se confie sur qu'il y a « de plus laid » dans la mort.PHOTO : iStock
Les éclaireurs, ICI Première.
Les éclaireursPublié le 24 novembre 2016

« Ça se peut que les traces de mon passage sur terre soient effacées par le révisionnisme d'êtres affligés et démunis devant l'effritement de nos liens et qui se sentent coupables, des êtres perdus dans le chagrin et la colère... » La chroniqueuse Véronick Raymond se désole au micro des Éclaireurs que « l'argent brouille notre perception de la mort ».

Préparer sa propre fin de vie par un testament et des instructions précises n’empêche pas la souffrance des proches et des moins proches, « souffrance qui peut transformer ceux-ci en monstres animés par leur propre malheur », estime Véronick Raymond. Selon elle, l’approche de la fin de la vie d’un membre de la famille nous met face à notre propre culpabilité d’avoir passé les années précédentes loin du défunt. « On veut faire taire la petite voix qui dit que cette personne-là, au fond, c’est une étrangère. »

C’est ce phénomène qui expose ce qu’il y a de plus laid dans la mort : les conflits entre les proches qui veulent chacun reprendre un certain contrôle pour des raisons personnelles. « Ça peut finir au tribunal; lire certaines des décisions qui y sont rendues, c’est un traumatisme garanti », relate la chroniqueuse. Débat devant un juge pour un lot de piquets de cèdres, déni par une famille homophobe de la conjointe d’une enfant décédée, fabrication d’un faux testament par une mère frustrée… Ces scénarios inhumains sont pourtant bien réels.

« La seule défense qui nous reste, c’est de vivre intensément nos amours et amitiés, les clamer haut et fort de notre vivant, et espérer marquer suffisamment le cœur et l’imaginaire des nôtres », déclare Véronick Raymond, à la recherche d’un remède à son angoisse de « mourir de la mauvaise façon ».