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Les crustacés et les céphalopodes sont-ils des êtres sentients?

Une pieuvre dans un aquarium au moment où elle rêverait.
Une pieuvre au moment où elle rêverait.PHOTO : Federal University of Rio Grande do Norte/Sylvia Madeiros
Les années lumière, ICI Première.
Les années lumièrePublié le 26 novembre 2021

Même si certains pays comme la Suisse et la Nouvelle-Zélande interdisent depuis quelques années de faire bouillir les homards vivants, le débat à savoir si les crustacés sont capables de ressentir la douleur n'est toujours pas réglé. La question refait surface au Royaume-Uni, où le gouvernement a demandé à des scientifiques de réviser la littérature pour déterminer si les céphalopodes comme les pieuvres et certains crustacés comme les homards et les crabes devraient être inclus dans sa loi sur le bien-être animal. Alexandre Touchette s'est intéressé à la question.

L’équipe de chercheurs mandatée par le gouvernement britannique a revisé 300 études sur les mollusques céphalopodes, dont les pieuvres, les calmars et les seiches, et les crustacés décapodes, qui comptent entre autres les crabes, les crevettes, les écrevisses et les homards. Leur objectif était de déterminer la probabilité que ces invertébrés soient sentients, un terme qui fait référence à la capacité de ressentir les émotions, la douleur et le bien-être, entre autres, et aussi à percevoir de façon subjective son environnement et ses expériences de vie.

Face à la difficulté de répondre à cette question, de nombreuses études effectuées au cours des dernières années ont cherché à simplifier le problème en tentant d’évaluer si les crustacés et les céphalopodes étaient capables de ressentir la douleur. L’objectif étant de déterminer si ces invertébrés réagissaient à des stimuli nocifs par de simples réflexes où s’ils étaient vraiment capables de ressentir la douleur. Bien que la question ne soit pas encore tranchée, certaines études indiquent que des crustacés et des pieuvres ont des réactions compatibles avec la douleur et qu’ils sont capables d’apprendre à éviter des stimuli nocifs.

À partir de ces études, les chercheurs ont développé un cadre d’évaluation où chaque espèce était évaluée en fonction de huit critères, dont la possession de récepteurs de stimuli nocifs, les caractéristiques du cerveau, la réponse aux analgésiques, les comportements en réponse aux blessures, etc. Et même en l’absence de preuve indiscutable, ils arrivent à la conclusion qu'il vaut mieux appliquer le principe de précaution et considérer que ces invertébrés sont sentients, et donc les protéger de souffrances inutiles.