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Les années lumière sur ICI Première.

Des traces de la maltraitance dans le cerveau des enfants

Publié le 16 mai 2021
Un enfant essuie ses yeux en serrant un animal en peluche.
Un enfant victime de mauvais traitementsPHOTO : iStock

Au Québec, le dépôt du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a clos une grande réflexion sur la nécessité de protéger l'intérêt des enfants en situation de vulnérabilité. Le système de protection de la jeunesse vise à intervenir rapidement pour protéger les enfants des effets à long terme de la maltraitance sur leur développement. C'est dans ce contexte qu'Alexandre Touchette s'est intéressé cette semaine aux derniers développements de la recherche dans ce domaine.

L’une des pistes d’explication des effets de la maltraitance sur le développement du cerveau est liée à l’épigénétique, qui s’intéresse à l’influence de l’environnement dans lequel un organisme évolue sur la manière avec laquelle l’information contenue dans les gènes est exprimée. Selon ce modèle, les mauvais traitements peuvent atténuer l’expression de certains gènes qui modulent notre résistance au stress et augmentent les risques de souffrir de problèmes psychologiques à l'âge adulte.

Chez un bébé, le stress peut être lié à l’abandon de la mère, à de la violence ou simplement à de la négligence et à un manque de stimulation. Cette adversité précoce mène à la production de cortisol, l'une des hormones du stress, qui va ensuite interagir avec des récepteurs dans le cerveau. Et la recherche montre que la maltraitance infantile peut perturber le fonctionnement de notre système de réponse au stress et mener à une surproduction ou à une sous-production de cortisol, ce qui, à long terme, peut augmenter la vulnérabilité à certains troubles mentaux.

Le moment où un enfant est exposé à la maltraitance est aussi crucial, parce que les différentes parties du cerveau se développent à différentes périodes jusqu’à la fin de la vingtaine. Les effets de la maltraitance seront donc différents selon l’âge auquel celle-ci survient. Une étude récente menée sur le développement du cerveau des rats a aussi montré que les effets peuvent varier selon le sexe. Des chercheurs ont observé, chez des femelles exposées à l’adversité précoce, une maturation accélérée des liens neuronaux entre l’amygdale et le cortex préfrontal qui a mené à des comportements plus anxieux que chez les rats n'ayant pas été séparés de leur mère.