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Enquête de l'OMS sur la COVID-19 : origine animale ou accident de laboratoire?

Photo aérienne du laboratoire de type P4 de l'Institut de virologie de Wuhan, en Chine centrale. Il s'agit d'un des rares laboratoires à sécurité maximale où peuvent être manipulés des pathogènes dangereux.
Photo aérienne du laboratoire de type P4 de l'Institut de virologie de Wuhan, en Chine centrale. Il s'agit d'un des rares laboratoires à sécurité maximale où peuvent être manipulés des pathogènes dangereux.PHOTO : afp via getty images / HECTOR RETAMAL
Les années lumière, ICI Première.
Les années lumièrePublié le 17 janvier 2021

Les chercheurs mandatés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont arrivés en Chine cette semaine pour enquêter sur les origines du SRAS-CoV-2. L'équipe de 10 scientifiques passera un mois dans le pays pour tenter de comprendre comment le virus du SRAS-CoV-2 aurait pu faire le saut des chauves-souris aux humains. Alexandre Touchette s'est intéressé à cette enquête, qui se déroule dans un contexte de fortes tensions géopolitiques.

Le premier volet de l’enquête consiste en une étude épidémiologique qui vise à remonter au patient zéro, soit le premier humain à avoir été infecté par le virus. Les experts de l'OMS devraient faire une revue des dossiers médicaux des hôpitaux pour tenter de trouver des cas compatibles avec les symptômes de la COVID-19 qui seraient survenus avant la première éclosion connue à Wuhan, en décembre 2019. Une telle enquête demande aussi d'examiner les taux de mortalité et les certificats de décès dans différentes régions, en plus d'interroger les premières personnes à avoir été contaminées pour faire l’historique de leurs contacts, de leurs déplacements et de leurs occupations.

Les chercheurs mèneront en parallèle une étude animale et environnementale qui tentera d’identifier tous les types d’animaux sauvages et d’élevages vendus au fameux marché de Wuhan, où les premiers cas avaient été détectés. Ils devront ensuite cartographier la provenance des animaux vendus et remonter la chaîne de distribution pour échantillonner des animaux dans la nature et dans des fermes afin de tenter de détecter le SRAS-CoV-2 ou les anticorps qui lui sont associés. L’analyse phylogénétique des liens parents-enfants entre les différents variants du nouveau coronavirus pourra aider à remonter l’arbre généalogique du virus et se rapprocher de ses origines.

Les millions d’animaux sauvages élevés en Chine pour la fourrure et la viande, tels les visons, les civettes et les chiens viverrins, constituent une piste importante pour trouver l’espèce intermédiaire qui aurait permis au virus de faire le saut de la chauve-souris à l’humain. Cette hypothèse sur l’origine animale est la plus probable, mais de plus en plus de chercheurs affirment que la piste de l’accident de laboratoire ne peut être écartée sans une enquête approfondie et indépendante.

Les spécialistes font remarquer que le coronavirus le plus semblable au SRAS-CoV-2 d'un point de vue génétique a été trouvé sur des chauves-souris dans la province du Yunnan, à 1600 kilomètres du lieu de l'apparition des premiers cas humains connus à Wuhan. De plus, l'Institut de virologie de la ville de Wuhan détient la plus grande collection de coronavirus de chauve-souris dans le monde. Les expériences menées sur ces virus représentent un risque sanitaire important malgré les mesures de sécurité en vigueur dans ce laboratoire de niveau P4.