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Les années lumière, ICI Première.
Les années lumière, ICI Première.
Audio fil du dimanche 23 juillet 2017

L'amour comme des bêtes : Les chauves-souris

L’accouplement chez la chauve-souris, une affaire de promiscuité

Publié le 23 juillet 2017
Des chauves-souris dorment dans une cave.
Des chauves-souris dorment dans une cave.PHOTO : iStock

« Ce n'est pas un accouplement monogame. [...] C'est vraiment un peu pêle-mêle », explique François Fabianek, biologiste et directeur du Groupe Chiroptères du Québec, au sujet de la reproduction chez la chauve-souris, qui se déroule à l'automne. Durant la saison estivale, les mâles et les femelles n'habitent pas au même endroit et vivent une sorte de « ségrégation sexuelle », jusqu'à ce qu'ils se retrouvent à l'automne dans un seul lieu, où la logique du « premier arrivé, premier servi » s'applique.

Au cours de la saison automnale, juste avant la période d’hibernation, les mâles et les femelles se rassemblent tous en grand nombre dans un hibernacle, c’est-à-dire une grotte ou une mine abandonnée. C’est précisément à ce moment où a lieu la reproduction. Les mâles doivent cependant faire vite, selon ce qu'explique François Fabianek.

« Les chauves-souris ont très peu de temps pour s’accoupler. Les femelles n’ont pas vraiment la capacité de choisir les mâles parce que, souvent, elles vont entrer en torpeur, en hibernation. […] Les mâles vont vraiment prendre les femelles les plus proches, celles qui sont à côté. C’est pour cette raison que cela s'appelle un accouplement de promiscuité. »

—  François Fabianek, biologiste

Fait à noter, la semence du mâle est conservée par la femelle tout l’hiver. La fécondation n’a lieu qu’au printemps. Les chauves-souris donnent ainsi naissance à leurs petits quelques semaines plus tard, pendant l'été. Règle générale, la chauve-souris a un ou deux petits par année.

Le journaliste Renaud Manuguerra-Gagné s’est rendu aux Marais du Nord, dans la municipalité de Lac-Delage, près de Québec, où il a pu observer des chauves-souris en compagnie du biologiste François Fabianek.

Pour mettre bas, la femelle s'agrippe avec ses pattes au plafond de la grotte. « La femelle va s’aider de ses ailes pour récupérer le nouveau-né. Lui, il va s’agripper tout de suite sur le pelage [de sa mère] », explique François Fabianek. Les bébés restent d’ailleurs accrochés à leur mère au cours des deux premières semaines, même pendant qu’elle chasse.

La femelle prend soin de ses petits pendant une période variant de trois semaines à un mois, jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de voler. La séparation s’effectue par la suite au bout de deux semaines.

L'endroit où Renaud Manuguerra-Gagné a pu observer des chauves-souris avec le biologiste François Fabianek.

Radio-Canada / Renaud Manuguerra-Gagné

De nombreuses espèces
On dénombre huit espèces de chauves-souris au Québec. Elles se divisent en deux groupes : les résidentes, c’est-à-dire celles qui hibernent ici ou dans les provinces limitrophes, et les migratrices, soit celles qui vont hiberner beaucoup plus au sud.

Parmi les chauves-souris migratrices, on retrouve la cendrée, la rousse et l’argentée. Il s’agit d’espèces arboricoles, qui nichent dans les arbres, et qui ne sont présentes au Québec que pendant l’été.

Parmi les chauves-souris résidentes, on retrouve la grande brune, la petite brune, la pipistrelle de l’Est, la Nordique et la pygmée. Insectivores, elles hibernent dans le fond des grottes ou dans des mines désaffectées.

Une chauve-souris en plein vol dans la nuit

iStock

Un champignon dangereux
La chauve-souris, qui peut vivre de 15 à 20 ans, est exposée depuis quelques années à une maladie qui décime les populations de l'est du continent nord-américain et qui inquiète les scientifiques : le syndrome du museau blanc.

Ce syndrome, engendré par un champignon qui s’attache aux tissus vivants, a pour conséquence que les chauves-souris utilisent leurs réserves de gras trop rapidement pendant l'hiver.

«  La déshydratation occasionnée par le champignon fait en sorte que les chauves-souris se réveillent beaucoup plus de fois en hiver, épuisent leurs réserves de graisse, […] et ne vont pas avoir assez de réserves pour durer tout l’hiver. »

—  François Fabianek