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Les Arsenault font leur deuil en grattant les couches de l'histoire familiale

Le réveil Île-du-Prince-Édouard, ICI Première.
Rattrapage du mardi 27 juillet 2021

Les Arsenault font leur deuil en grattant les couches de l'histoire familiale

Une famille Arsenault fait son deuil en grattant les couches de son histoire

Natahlie et Isabelle Arsenault devant la maison de leurs parents.
Isabelle Arsenault (à droite) est venue spécialement du Nouveau-Brunswick pour aider sa sœur Nathalie à faire le tri des affaires parentales.PHOTO : Radio-Canada / Laurent Rigaux
Le réveil Île-du-Prince-Édouard, ICI Première.
Le réveil / Île-du-Prince-ÉdouardPublié le 27 juillet 2021

Nathalie, Isabelle et Mathieu Arsenault se sont lancés dans un vaste projet de rénovation de la maison de leurs parents, décédés il y a un an et demi. Gratter les couches et passer en revue des objets accumulés au fil des ans leur permet de découvrir l'histoire familiale et de faire leur deuil.

Quand Rita Shyle Arsenault est décédée, en mars 2020, trois mois après son mari Robert Arsenault, ses enfants Nathalie, Isabelle et Mathieu n'ont pas pu organiser de funérailles, en raison des restrictions sanitaires.

Sous le choc, ils ont décidé de rénover la maison familiale, située à Meadowbank, près de Charlottetown, à leur rythme, et de prendre le temps de regarder, documenter, classer toutes les choses que leurs parents avaient conservées et qui leur rappellent leur enfance.

Une maison.

La maison des Arsenault, situé à Meadowbank, à 20 minutes de Charlottetown.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Ils ont acheté la maison quand ma mère était enceinte de moi, c'était l'hiver et ils avaient demandé au voisin de toujours déblayer la cour au cas où je viendrais au monde, raconte Isabelle Arsenault, venue ce jour-là du Nouveau-Brunswick pour aider sa sœur, Nathalie, à faire le tri.

Isabelle Arsenault assise sur une vieille chaise.

Isabelle Arsenault dans la maison de ses parents, qu'elle rénove avec sa sœur Nathalie et son frère Mathieu.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Ouvrir les placards, gratter les murs, enlever les couches de vinyle sur le plancher et fouiller les boîtes qui traînent permet à la fratrie de faire son deuil.

« Pour nous, c'est nos funérailles. »

—  Nathalie Arsenault
Nathalie Arsenault assise sur un vieux canapé.

Nathalie Arsenault partage les découvertes faites lors des rénovations de la maison familiale sur Instagram.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

On va pleurer, on va rire. Je trouve que ça m'aide de passer à travers ces épreuves-là, poursuit Nathalie Arsenault.

Les travaux, gigantesques, avancent au gré des découvertes et permettent de mettre au jour l'histoire de la maison. Nathalie Arsenault aime particulièrement le plancher original qui est réapparu au fil des mois.

Je suis comme tombé en amour avec ce plancher de bois. C'est comme l'âme de la maison. On enlève les couches de vinyle et d'autres matériaux qui ont été ajoutés, et quand tu arraches ça, tu arrives à l'essence même, raconte-t-elle.

Une vue du sol où l'on voit différents matériaux superposés.

Les différentes couches sur le plancher de la maison de Meadowbank.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Nathalie et Isabelle Arsenault.

Les sœurs Arsenault dans la maison familiale.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Isabelle, quant à elle, prend du plaisir à passer à travers de tous les objets, un à un. J'aime porter du linge rétro aussi, je porte les chandails de ma grand-mère, là je porte le short et le sweatshirt de ma mère, ajoute la jeune femme.

Dans une pièce à l'étage, de nombreuses boîtes contiennent des trésors qui n'attendent qu'à être redécouverts. Un des tout premiers ordinateurs de la famille, un magnétophone avec une cassette de l'album Le bon fricot de Marcella Richard, des outils d'horloger appartenant au grand-père de Nathalie, Isabelle et Mathieu.

« C'est comme un musée. »

—  Nathalie Arsenault
Des objets posés sur le sol.

Les Arsenault découvrent, classent, trient toutes sortes d'objets conservés au fil des ans par leurs parents.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Un magnétophone posé sur le sol avec une cassette audio dessus.

Les travaux permettent à la fratrie Arsenault de découvrir des objets oubliés, tels que ce magnétophone.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Nathalie Arsenault montre une boîte à sa sœur Isabelle.

Les découvertes sont parfois surprenantes, à l'image de cette boîte contenant du matériel d'horloger, qui appartenait vraisemblablement au grand-père de Nathalie, Isabelle et Mathieu Arsenault.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Des journaux intimes

Au-delà des trouvailles d'objets et de souvenirs d'enfance, ce projet est aussi une grande aventure intime qui permet à Nathalie, Isabelle et Mathieu de revenir en arrière, de redécouvrir, ou découvrir, la vie de leurs parents.

C'est une grosse partie de pourquoi on fait ça. On veut connaître nos parents, connaître leur histoire. Ils ne nous ont pas dit toutes les choses qu'ils ont faites dans leur vie, affirme Nathalie Arsenault.

Isabelle Arsenault.

« Ils ont acheté la maison quand ma mère était enceinte de moi, c'était l'hiver et il avaient demandé au voisin de toujours déblayer la cour au cas où je venais au monde », raconte Isabelle Arsenault dans la maison de son enfance.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Les deux sœurs décrivent la grande salle pleine de documentation, que leur mère avait gardée et organisée, contenant non seulement de vieilles coupures de journaux, mais aussi des documents plus personnels.

On a trouvé des journaux intimes de ma mère et de mes deux grands-mères. Ça racontait leur vie. À un moment donné, Joséphine, la mère de mon père, a habité avec nous et je n’en ai pas le souvenir parce que j'étais bébé. Elle s'occupait de moi et elle écrivait ça dans son journal, détaille Nathalie Arsenault.

La lecture de ces écrits permet à la fratrie d'en apprendre plus sur la vie de la famille à cette époque, en jouant aux détectives, en mettant les morceaux d'informations ensemble.

Nathalie et Isabelle Arsenault.

Les deux sœurs Arsenault au milieu du chantier de rénovation de la maison de leurs parents.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Les découvertes des deux sœurs et de leur frère sont partagées sur Instagram, sur un compte spécialement créé à cet effet, avant tout pour la famille et les amis. Écrire un livre ou des chansons, publier un recueil, Nathalie Arsenault fourmille d'idées pour que le projet continue. J'aimerais potentiellement faire quelque chose de plus, il y a beaucoup d'histoires à raconter, confie-t-elle.

Pour le moment, la fratrie ne sait pas encore si elle conservera la maison. Les trois frères et sœurs prennent leur temps, organisent des fêtes de rénovation et savourent le plaisir de garder leurs parents avec eux, un peu plus longtemps.

Isabelle et Nathalie Arsenault.

Isabelle et Nathalie Arsenault sur le terrain devant leur maison, avec la West River en fond.

Radio-Canada / Laurent Rigaux

Avec les informations de Laurent Rigaux.