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Grand angle :  les promesses de bitume

Le réveil Île-du-Prince-Édouard, ICI Première.
Rattrapage du vendredi 30 juillet 2021

Grand angle :  les promesses de bitume

La Nouvelle-Écosse et ses promesses de bitume

Une route rurale au Cap-Breton.
Une route rurale au Cap-Breton.PHOTO : Getty Images / shayes17
Le réveil Île-du-Prince-Édouard, ICI Première.
Le réveil / Île-du-Prince-ÉdouardPublié le 30 juillet 2021

Difficile d'imaginer des élections en Nouvelle-Écosse sans qu'un parti politique ne promette de prolonger ou d'élargir une autoroute. Mais la question se pose de plus en plus parmi l'électorat: ces projets sont-ils vraiment nécessaires? Est-ce que la province pave la voie vers un avenir meilleur, ou est-elle, au contraire, sur le point de rater le train du développement durable?

Les libéraux d'Iain Rankin promettent, s'ils sont reportés au pouvoir, d'élargir à quatre voies des tronçons des autoroutes 103 et 104.

L'annonce est saluée par de nombreux Néo-Écossais, en particulier ceux qui ont perdu des proches dans des accidents sur ces deux routes.

Mais la promesse attire aussi des critiques.

Les progressistes-conservateurs deTim Houston accusent leurs adversaires de faire de la politique « comme à une autre époque », alors que dans les réseaux sociaux plusieurs internautes remettent en question l'engagement d'Iain Rankin dans la lutte aux changements climatiques, lui qui s'est donné pour cible d'atteindre la carboneutralité en 2050.

On promet à chaque élection d'élargir des routes et de paver des routes en milieu rural, note le professeur de science politiqueTom Urbaniak, de l'Université du Cap-Breton. C'est presque une attente que chaque parti principal va avoir des promesses ambitieuses en matière d'amélioration routière. Ça fait partie de notre paysage politique depuis des générations.

Les libéraux : pas les seuls avec des promesses

Quatre jours après la promesse de l'élargissement des autoroutes 103 et 104, les progressistes-conservateurs ont promis à leur tour des dizaines de millions de dollars pour l'entretien de routes rurales et de chemins de gravier.

Mais certaines choses sont en train de changer, observeTom Urbaniak.

« Je constate aussi une attente croissante pour que les gouvernements investissent dans d'autres moyens de transport. Par exemple, il y a toujours des pressions qui viennent du Cap-Breton pour garder ses lignes ferroviaires en place afin qu'on puisse développer le port de Sydney. »

—  Tom Urbaniak, professeur de science politique à l'Université du Cap-Breton

Faible densité de la population

Mais ce n'est pas demain la veille que les politiciens de la Nouvelle-Écosse vont cesser de promettre des routes à leurs électeurs.

La faible densité de la population de la province à l'extérieur de la capitale,Halifax, complique beaucoup l'implantation des transports interurbains, indique le professeur émérite Pierre Filion, de l'école d'urbanisme de l'Université deWaterloo, en Ontario. La Nouvelle-Écosse est dans une situation particulièrement difficile par rapport aux transports collectifs, souligne-t-il.

« Pour avoir des transports collectifs qui fonctionnent bien, ça prend des transports collectifs qui sont réguliers. Mais pour avoir des transports collectifs qui sont réguliers, ça prend un seuil critique en matière de population qui fait en sorte que c'est possible, économiquement, de desservir ces centres-là de manière régulière. »

—  Pierre Filion, professeur émérite de l'école d'urbanisme de l'Université de Waterloo

Ne serait-ce que pour effectuer des dépassements, les autoroutes à quatre voies sont également plus sécuritaires que les routes à deux voies qu'elles remplacent, soutient Pierre Filion.

« De la politique à l'ancienne »

Le candidat progressiste-conservateurGreg Morrow aimerait bien voir l'autoroute 104 élargie à quatre voies dans sa circonscription de Guysborough-Tracadie.

Mais la promesse d'Iain Rankin, sans échéancier précis, le laisse dubitatif. Rien ne ressemble plus à de la politique à l'ancienne que de parler de jumelage d'autoroutes ou de construction de routes pendant une campagne électorale, déplore-t-il en entrevue avec Radio-Canada.

Greg Morrowse demande même s'il ne s'agit pas pour les libéraux d'une tentative de sauver les sièges de ministres influents, comme celui deRandy Delorey à Antigonish.

Le politologueTom Urbaniak, lui, n'en serait pas totalement étonné. Historiquement, ici en Nouvelle-Écosse, les circonscriptions qui étaient entre les mains du parti au pouvoir avaient des routes en meilleur état, rappelle-t-il.

Par contre, d'autres projets autoroutiers ont fait l'objet de multiples promesses avant de se concrétiser. C'est le cas de l'élargissement de l'autoroute 104 jusqu'au Cap-Breton, qui se retrouve une fois de plus sur la liste des engagements électoraux en 2021.

Cet été, sur les ondes d'ICI Première, le journaliste François Pierre Dufault propose « Grand angle sur la Nouvelle-Écosse », une série de reportages d'affaires publiques sur des enjeux municipaux ou provinciaux.