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Le café show, ICI Première.
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Rattrapage du mardi 6 avril 2021

La présence francophone au Minnesota

Le Minnesota, L'étoile du Nord et l'Écho de l'Ouest : une histoire francophone oubliée

Publié le 6 avril 2021
Extrait du journal Échos de l'Ouest, drapeau du Minnesota, monument hommage à Pierre Bottineau (au Dakota du Nord) et image d'archive de Pierre Bottineau.
Extrait du journal Échos de l'Ouest, drapeau du Minnesota, monument hommage à Pierre Bottineau (au Dakota du Nord) et image d'archive de Pierre Bottineau.PHOTO : Minnesota Historical Society / Karl Larson pour Center for Heritage Renewal / Wikipedia

St. Cloud, Duluth, Saint Paul, Hennepin County, Faribault, Voyageurs National Park et Lac qui Parle : de nombreuses villes et des lieux du Minnesota tirent leurs noms des premiers colons canadiens-français qui s'y sont installés. Bien qu'une présence franco-américaine a été manifeste dans certaines régions des États-Unis, comme la Nouvelle-Angleterre ou la Louisiane, le Minnesota est le seul État à avoir sa devise, « L'étoile du Nord », en français. Pourquoi a-t-il perdu sa population francophone et quelles sont les traces de l'histoire française qui subsistent encore? C'est le sujet de la chronique Francophonie des Amériques de Claire-Marie Brisson.

La région des Grands Lacs et la région des Mille Lacs étaient liées par le commerce et les voies navigables avec l'utilisation initiale de ces terres par les Français et les Canadiens français. Pendant près de 200 ans avant que le Minnesota ne devienne un État, le français était la principale langue européenne parlée, mais une grande partie de cette histoire s'est perdue avec le temps et l'assimilation. Le désir de devenir américain et de laisser leur héritage français derrière a poussé de nombreuses familles à changer de nom afin de se fondre dans la société anglophone : Boisvert est devenu Greenwood, LeBlanc est devenu White.

Ce n'est que plus tard que le passé francophone de l'État a été ravivé afin de rendre hommage à ces pionniers, mais aussi pour favoriser une perception cosmopolite de la région, alors que sa population continuait de croître.

Pierre Bottineau et la naissance du Minnesota

Pierre Bottineau est considéré comme l'un des membres de la dernière génération de voyageurs minnesotains. Né en 1817 dans le pays de la rivière Rouge, à Bear Point, près de la rivière Turtle, il est le fils de Joseph Bottineau et de Clear Sky, une femme indigène chippewa, nommée Margaret. Bottineau était bien connu à l'époque, au Minnesota mais aussi dans les États voisins et au Canada. Arpenteur accompli, ses nombreux groupes de travailleurs ont fondé des villes dans tout le Minnesota et le Dakota du Nord.

Il a été arpenteur itinérant jusqu'en 1840, date à laquelle il est devenu résident de Saint Paul. Il continue occasionnellement à suivre la vie migratoire d'un chasseur et d'un voyageur, et sert souvent de guide et d'interprète dans de nombreuses langues, dont le français, l'anglais et les langues des nations sioux, chippewa, cree, mandan et winnebago.

La mémoire de Bottineau a été commémorée par un monument, érigé en 2000 à Red Lake Falls, financé par le gouvernement de l'État du Minnesota.

L'Écho de l'Ouest : une deuxième vague de francophones

La présence française des francophones voyageurs a diminué avec la révolution industrielle, mais en raison des nouvelles possibilités d'emploi, un nouvel afflux de francophones du Canada et des États-Unis a commencé à peupler le Minnesota au milieu et à la fin du 19e siècle. Les francophones étaient alors si nombreux que le Minnesota a eu son propre journal en langue française de 1883 à 1929.

Fondé le 25 avril 1883, l'Écho de l'Ouest était distribué dans le Minnesota et la région environnante du Haut-Midwest. L'hebdomadaire de quatre pages était dirigé par Zéphirin Demeules, originaire du Québec, qui a déménagé aux États-Unis pour travailler avec Louis Robert, un capitaine de bateau de rivière qui possédait plusieurs magasins généraux dans la région. De ses rencontres avec les clients, est née l'idée d'un journal en français. Beaucoup d'articles étaient des republications d'histoires publiées dans les centres francophones, du Québec à la Louisiane, mais ils étaient accompagnés de contenu régional.

Le journal finit par trouver de la concurrence, avec la création du Canadien en 1877 à Saint Paul. Lorsque l'Écho de l'Ouest publie son dernier numéro, le 4 janvier 1929, cela marque la fin de l'ère des journaux de langue française au Minnesota.

Et maintenant?

Comme dans de nombreuses régions au passé francophone des États-Unis, les universitaires et les chercheurs commencent seulement à s'exprimer sur l'histoire de cette population minoritaire. Nombreux sont ceux qui, au Minnesota, sont liés à cette histoire par intérêt ou par leur lien avec le patrimoine. L'apprentissage de la langue française reste un effort collectif, mais les communautés de langue française, qui étaient autrefois si nombreuses, n'existent plus.