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Point de dépôt pour les nouveau-nés abandonnés : un « recul », selon une experte

Le 6 à 9, ICI Première.
Rattrapage du lundi 30 janvier 2023

Point de dépôt pour les nouveau-nés abandonnés : un « recul », selon une experte

Un dépôt pour nouveau-nés abandonnés dans le sud du Manitoba

Un bébé boit du lait au biberon.
Gros plan d'une mère nourrissant son nouveau-né au biberon.PHOTO : iStock
Le 6 à 9, ICI Première.
Le 6 à 9Publié le 30 janvier 2023

Une caserne de pompiers de Landmark, dans le sud du Manitoba, abritera prochainement un endroit destiné à déposer des nouveau-nés abandonnés. « Sur le plan juridique, cela ne tient pas la route, ni sur le plan éthique, et encore moins sur le plan féministe », s'exclame Louise Langevin, professeure titulaire en droit à l'Université Laval.

Mme Langevin rappelle que l’État fournit déjà des services à la famille et à l’enfance, assurés par des travailleurs sociaux.

L’anonymat promis aux mères par l’organisme à l’origine du projet est aussi problématique, selon Mme Langevin. Elle explique que cela n’est pas possible au Canada, « que les enfants ont le droit de reconnaître leurs origines », et que l’idée même suggère que l’adoption est quelque chose dont il faudrait avoir honte.

L’initiative à Landmark est celle de l’organisme albertain Gems for Gems et est financée par un regroupement de Steinbach qui s’oppose à l’avortement, Life Culture. « On voit bien ici l’influence des groupes américains anti-choix au Canada », souligne Mme Langevin.

« Ils essaient de nous faire croire qu’il y a beaucoup de nourrissons qui sont abandonnés dans des poubelles », s’exclame-t-elle, en soulignant que « la situation culturelle, économique, sociale, canadienne, est différente de celle des États-Unis ».

« Au Canada, les femmes ont la liberté de choix : ne pas avoir d’enfants ou avoir des enfants. Et l’État est là pour aider toutes les femmes qui veulent des enfants à avoir les enfants qu’elles veulent. L’État fournit le filet social pour toutes les mères, pour tous les enfants et pour tous les pères. »

— Une citation de  Louise Langevin, professeure titulaire en droit à l'Université Laval

Mme Langevin dénonce aussi l’utilisation d’une caserne de pompiers à des fins idéologiques. « Ce sont des structures municipales, payées par les taxes de tout le monde, qui servent à cette mesure-là », signale-t-elle.