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Des fouilles pour en finir avec le sentiment d'« une perte ambiguë »

Le 6 à 9, ICI Première.
Rattrapage du mercredi 7 décembre 2022

Des fouilles pour en finir avec le sentiment d'« une perte ambiguë »

Retrouver le corps d'une personne disparue, nécessaire au deuil

Un homme dépose une rose blanche sur le dessus d'une pierre tombale lors de funérailles.
Retrouver le corps d'une personne disparue, nécessaire au deuilPHOTO : iStock
Le 6 à 9, ICI Première.
Le 6 à 9Publié le 7 décembre 2022

Les familles des victimes des femmes autochtones assassinées à Winnipeg déplorent la décision récente de la police de ne pas conduire de recherches pour retrouver deux des corps. « Quand il n'y a pas de corps, il y a comme un doute constant, une certaine irréalité de la perte », souligne le chercheur Jacques Cherblanc.

Le professeur agrégé au Département des sciences humaines et sociales de l'Université du Québec à Chicoutimi indique qu'il y a un travail important qui permet à l'être humain de faire son deuil. Ça prend un corps pour réaliser avec les sens, avec le toucher, avec la vue, que la personne est réellement décédée, sinon on constate, ce que certains appellent "une perte ambiguë", explique-t-il.

Il ne faudrait pas non plus minimiser l'importance d'« une certaine reconnaissance sociale de la perte », rappelle M. Cherblanc.

Souvent, on se concentre sur l'aspect psychologique, tenant compte du travail que fait la personne pour s'adapter à la perte, mais le deuil, c'est aussi quelque chose de social.

Dans le cas des personnes disparues, il est plus difficile de faire le rituel du deuil en raison de l'absence du corps, mentionne M. Cherblanc. Il explique que les proches n'ont « pu dire au revoir, donc une espèce de sentiment de culpabilité ou un sentiment d'irréalité » s'installent.

« On a souvent tendance à considérer que le deuil, c'est de se séparer de la personne défunte, mais en fait le deuil, pour beaucoup de personnes, c'est plutôt établir une nouvelle relation avec la personne défunte. »

— Une citation de  Jacques Cherblanc, professeur agrégé au département des sciences humaines et sociales de l'UQAC