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Des pays africains s'abstiennent de voter contre l'offensive russe en Ukraine

Le 6 à 9, ICI Première.
Rattrapage du vendredi 11 mars 2022

Des pays africains s'abstiennent de voter contre l'offensive russe en Ukraine

Des pays africains s'abstiennent de voter contre l'invasion de la Russie en Ukraine

Vue d'ensemble sur l'Assemblée générale de l'ONU. Deux écrans géants affichent le résultat final du vote sur la résolution contre l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
La 11e session spéciale d'urgence de l'Assemblée générale des Nations unies sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.PHOTO : Reuters / CARLO ALLEGRI
Le 6 à 9, ICI Première.
Le 6 à 9Publié le 11 mars 2022

Le 3 mars dernier, l'Assemblée générale des Nations unies soumettait au vote une résolution qui exigeait que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine. Près de la moitié des pays africains, qui ont participé, se sont abstenus de voter.

Vingt-huit pays du continent ont pourtant voté pour et seule l’Érythrée a voté contre. Des données qui montrent une profonde division sur la question de la guerre en Europe de l’Est.

Selon Roromme Chantal, professeur à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton et spécialiste des relations sino-africaines, ces abstentions pourraient résulter en partie de l’influence russe sur le continent.

« Depuis 2017, la Russie est de retour officiellement sur le continent africain comme une grande puissance. »

— Une citation de  Roromme Chantal, spécialiste des relations sino-africaines

Mais la Chine pourrait aussi avoir joué un rôle. Aujourd'hui, la Chine fournit également un appui militaire à plusieurs pays importants en Afrique, indique M. Chantal.

La Chine étant une amie géopolitique de la Russie, le pays aurait pu influencer le vote. Elle est aussi une investisseuse importante dans le développement d'infrastructures et l'exploitation de ressources minières sur le continent africain, ce qui lui donne encore plus de poids, d'après le professeur.

Un moment charnière

L’influence occidentale et européenne s’effrite sur le continent africain comme l’explique Roromme Chantal. La France, par exemple, a de la difficulté à apporter une réponse adéquate à certains problèmes auxquels certains pays africains sont confrontés, comme le terrorisme. Cela aurait laissé une brèche dans laquelle Vladimir Poutine s’est « engouffré ».

La Russie affirme avoir dépêché des instructeurs militaires [sur place], dit M. Chantal. Des mercenaires russes, poursuit-il, employés par la firme Wagner proche du président, sont également déployés dans plusieurs pays africains, notamment le Soudan et la République centrafricaine.

La Russie, à travers cette coopération militaire [...], est en train de se positionner comme un joueur important sur le continent pour des raisons militaires, alors que la Chine y était déjà, très présente, pour des raisons économiques, souligne Roromme Chantal, qui selon lui, cela offre donc plus de poids à la Russie et la Chine pour influencer les décisions géopolitiques prises sur le continent.