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Reconnaître les pensionnats autochtones comme un génocide

Le 6 à 9, ICI Première.
Rattrapage du lundi 14 juin 2021

Reconnaître les pensionnats autochtones comme un génocide

« Génocide » envers les Autochtones : reconnaître pour réparer

Un membre de la Nation Squamish, en Colombie-Britannique, vue de dos devant une église.
Un membre de la Nation Squamish, en Colombie-Britannique, se recueille pour honorer la mémoire des 215 enfants découverts dans un pensionnat de Kamloops.PHOTO : Radio-Canada / Ben Nelms
Le 6 à 9, ICI Première.
Le 6 à 9Publié le 14 juin 2021

Une motion déposée par la députée fédérale néo-démocrate Leah Gazan, qui visait à reconnaître que les pensionnats autochtones constituaient un génocide, n'a pas été adoptée la semaine dernière à la Chambre des communes. Selon l'avocate et professeure de droit à l'Université Laval Fannie Lafontaine, il est indispensable que le Canada admette un « génocide de type colonial » envers les Autochtones et qu'il remplisse ses obligations de réparation.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux, Fannie Lafontaine explique que la définition d’un génocide inclut tous les gestes qui « visent à détruire un groupe » ciblé particulièrement, y compris l’imposition de conditions de vie délétères. Il faudrait donc élargir « notre compréhension classique du génocide ». Si la notion est souvent plutôt associée aux « actes létaux », « ce n’est pas que ça, le génocide », poursuit-elle.

Les gestes envers les Autochtones au Canada représentent un autre type de génocide, un « génocide de type colonial », un « processus très lent » au cours duquel « pendant de nombreuses décennies [...] on commet [des] gestes dans l’intention de détruire un groupe », souligne-t-elle.

« C’est très difficile pour les Canadiens d’envisager le Canada et le mot génocide dans la même phrase, mais il va falloir [...] avoir une prise de conscience qui va permettre de s’associer à ce mot-là et d’envisager les conséquences [...] de réparations envers les Autochtones au pays. »

—  Fannie Lafontaine, avocate, professeure de droit à l'Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux

Obligation juridique de réparation

Une « énorme volonté politique », couplée à un « soutien populaire important », serait nécessaire pour « défaire les effets néfastes du colonialisme » et « changer une à une » les politiques destructrices, signale l’avocate et professeure.

Celle-ci ajoute que la première étape de la réparation repose sur la « cessation », soit l’élimination des lois discriminatoires, un « processus systémique » qui implique un grand nombre de « négociations de nation à nation », dans le respect et le rétablissement de l’autodétermination des différents peuples.

Fannie Lafontaine relève qu’il est problématique que ce soit le gouvernement, le responsable du génocide, qui « contrôle les politiques de réparation ». « On est dans une perpétuation d’une dynamique assez déséquilibrée, qui a mis les Autochtones dans des situations très précaires », fait-elle remarquer.

À cet égard, « il faudra voir si certains groupes autochtones sentent la nécessité de recourir aux tribunaux pour faire reconnaître le génocide et contrôler judiciairement les réparations », souligne-t-elle.