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Le 6 à 9, ICI Première.
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Rattrapage du jeudi 10 juin 2021

Accessibilité des images d'abus pédosexuels sur Internet

Images d’abus pédosexuels : les fournisseurs Internet blâmés

Publié le 10 juin 2021
Une personne tape sur un clavier rétroéclairé.
Une personne tape sur un clavier.PHOTO : getty images/istockphoto / djedzura

Le Centre canadien de protection de l'enfance (CCPE), organisme basé à Winnipeg, a rendu public mercredi un rapport dressant un portrait de l'accessibilité des images d'abus pédosexuels sur Internet et du rôle des fournisseurs Internet dans la circulation de ces images. René Morin, porte-parole du CCPE, déplore que certaines entreprises en fassent très peu pour supprimer les images qu'elles hébergent sur leurs serveurs.

Le Centre canadien de protection de l'enfance a retrouvé et identifié entre 2018 et 2020 plus de 5,4 millions d’images d’abus pédosexuels, hébergées sur les serveurs de 760 fournisseurs de service Internet. « Ce n’est que la pointe de l’iceberg », précise René Morin, en ajoutant que l’organisme a « un arriéré de vérification de 32,5 millions d’images » considérées suspectes.

« Très clairement, ces entreprises n’utilisent pas de technologies qui leur permettraient de détecter ces images-là, qui sont pourtant connues, de les filtrer, et carrément de les faire disparaître », déplore René Morin.

Le porte-parole explique que le réflexe est souvent de faire porter la responsabilité sur les grandes sociétés comme Facebook, Apple ou YouTube. Or, signale-t-il, le Centre canadien de protection de l'enfance a découvert toute une « chaîne d’acteurs qui interviennent dans la mise à disposition de ces images-là sur Internet », chaîne qui comporte des acteurs peu connus du grand public. Il s’agit d’« entreprises qui font rarement les manchettes, et qui pourtant ont des réseaux de serveurs éparpillés un peu partout sur la planète », et qui hébergent ces contenus, précise-t-il.

Si les images préjudiciables sont retirées en moins de 24 heures après un signalement dans environ la moitié des cas, « les images vont rester en ligne plus de 7 semaines après l’envoi d’une demande de suppression » dans environ 10 % des cas, déplore M. Morin, qui ajoute que certaines images supprimées réapparaissent ensuite.

« Ça veut dire qu’on a quand même un certain nombre d’entreprises qui hébergent des images sur lesquelles figurent des milliers de victimes qui accordent très très peu d’importance à la suppression de ces images-là », indique-t-il. Le porte-parole précise que plus une telle image demeure longtemps en circulation, plus cela est dommageable pour les victimes.

Selon le Centre canadien de protection de l'enfance, « il serait temps que le gouvernement intervienne pour responsabiliser [ces entreprises] davantage ». M. Morin précise qu’il faudrait à tout le moins que les fournisseurs utilisent les technologies d’identification des images d'abus pédosexuels qui sont mises à leur disposition gratuitement ou qu’elles engagent des employés pour veiller à la régulation, en fonction de la taille de l’entreprise.

Le porte-parole ajoute que des sanctions financières devraient être envisagées pour assurer un meilleur contrôle des images mises en circulation.