•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

Le 6 à 9, ICI Première.
Le 6 à 9, ICI Première.
Rattrapage du jeudi 29 octobre 2020

La pandémie force à repenser les modèles de résidences pour personnes âgées

Plaidoyer pour des foyers de taille « humaine » et « financés publiquement »

Publié le 29 octobre 2020
La main d'une infirmière posée sur la main d'une personne âgée pour l'aider à tenir la poignée de sa marchette.
Une femme âgée dans un foyer de soins.PHOTO : Reuters / Christian Hartmann

Selon le professeur émérite à l'École de santé publique de l'Université de Montréal André-Pierre Contandriopoulos, la pandémie de COVID-19 a été un « révélateur » du dysfonctionnement des modèles des résidences et de soins de longue durée pour personnes âgées. « Il est temps de réfléchir sur la place des soins de longue durée, c'est-à-dire des soins qui sont donnés à des personnes qui sont dans un état de fragilité important », et ce, partout au Canada et dans d'autres pays, insiste le professeur.

« Au fil du temps, ces soins ont été laissés en quelque sorte de côté, on n’a pas multiplié les places dans le système public, et on a laissé se développer des systèmes privés pour les gens dont les pertes d’autonomie n’étaient pas trop importantes », déplore M. Contandriopoulos.

Il explique que l’adoption de lois au Canada dans les années 50 et 60 a laissé aux provinces uniquement la responsabilité des soins n’étant pas prodigués à l’hôpital ou par des médecins. Or, « les soins pour les personnes âgées sont très souvent des soins pour lesquels on n’a pas besoin d’avoir une composante médicale très lourde, et ce sont des soins qui sont donnés par du personnel infirmier, ou des préposés, ou des infirmières auxiliaires », poursuit le professeur. En conséquence, « ces soins-là ont été le parent pauvre des systèmes de santé partout au Canada », déclare-t-il.

« Depuis les années 70, on n’a pas réfléchi vraiment sur les soins pour les personnes âgées, on a laissé les choses aller, on a laissé au privé le soin de combler la demande, sans qu’il y ait une réflexion sur l’intégration de ces soins aux personnes âgées dans le cadre de l’assurance maladie générale », résume M. Contandriopoulos.

Selon le professeur, la pandémie a permis de révéler des modèles plus adéquats que d’autres. Les centres qui ont été épargnés par la COVID-19, notamment en Colombie-Britannique, indique-t-il, ce sont « des centres d’une taille raisonnable, humaine, financés publiquement adéquatement dans lesquels il y avait une gestion qui était une gestion locale, attentive, et surtout, qui avaient un personnel stable et valorisé ».

« Qu’on ne laisse pas les corps vieillissants, qui sont des corps sur lesquels il y a beaucoup d’argent à faire, aux mains du privé, qui s’en occupe pour faire de l’argent. »

—  André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

M. Contandriopoulos souligne également l’importance de rémunérer « de façon décente » le personnel des centres de soins pour personnes âgées.