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Le 6 à 9, ICI Première.
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Rattrapage du mardi 11 mai 2021

Des éprouvettes et des hommes avec Jean-Eric Ghia

Les conséquences du déclin des jours de froid dans le Nord canadien

Publié le 11 mai 2021
Le portrait de Danny Blair, un professeur de géographie de l'Université de Winnipeg qui a mené une étude sur le déclin des jours de froid annuel et les impacts possibles à long terme.
Le professeur de géographie à l’Université de Winnipeg, Danny Blair, a codirigé une étude qui met en lumière les impacts possibles du déclin du nombre de jours de froid annuel dans le nord du Canada.PHOTO : Avec la gracieuseté de Danny Blair

Un groupe de chercheurs de l'Université de Winnipeg a étudié les données de 34 stations météorologiques au nord du 60e parallèle pour faire le point sur le nombre annuel de jours de froid dans le Grand Nord du Canada. Leurs recherches démontrent que de 1950 à 2014, le nord du Canada a enregistré une perte moyenne annuelle de 4,89 jours de froid par décennie. Ce déclin n'est pas sans impact sur l'environnement et l'économie.

Un déclin moyen de 4,89 jours de froid tous les dix ans dans le Nord canadien : c’est ce qui ressort d’une étude menée par les professeurs Danny Blair et Matthew Loxley de l’Université de Winnipeg et membres du Prairie Climate Centre. Le chroniqueur scientifique Jean-Eric Ghia présente les résultats de cette recherche publiée dans le journal Atmosphere-Ocean, une publication de la Société canadienne de météorologie et d’océanographie.

Jean-Eric Ghia explique qu’un jour froid, pour les chercheurs, est un jour où la température reste en dessous de -30 degrés Celsius. « Et pour savoir combien il y avait de jours de froid dans l’année, ils sont allés télécharger les données du service canadien du centre du climat qui répertorie toutes les températures depuis 1950 », ajoute-t-il.

Des scientifiques ont analysé plus de 34 stations situées au-dessus du 60parallèle situé entre le Nunavut et le Manitoba. Jean-Eric Ghia indique que 35 % du territoire canadien se trouve au-dessus de ce parallèle où vivent environ 110 000 personnes.

Autre précision : les chercheurs ont comptabilisé leurs données selon des années climatiques, qui se déroulent de septembre à août.

Des 34 stations étudiées, 29 ont enregistré une diminution significative du nombre de jours de froid par décennie, indique Jean-Eric Ghia.

Le chroniqueur scientifique donne en guise d’exemple la capitale d’Iqaluit, au Nunavut, qui comptait 80 jours de froid par an en 1960 et qui pourrait, selon les projections, ne compter qu’entre zéro et dix jours de froid d’ici l’an 2090.

Conséquences à long terme

Les scientifiques affirment que la fonte de la glace va fragiliser les lignes électriques, les pipelines, les pistes de décollage, sans oublier les routes de glace qui demandent une certaine épaisseur de glace avant d’être utilisées pour le ravitaillement des communautés isolées.

Le rapport indique également que la chasse sera de plus en plus difficile en raison du fait que les animaux vont aller se retrancher dans des zones qui sont beaucoup plus éloignées.

Les chercheurs reconnaissent que l’augmentation de la température de l’eau peut aussi être plus propice à la propagation d’infection au sein de certaines populations d’animaux polaires.

Selon eux, la diminution du nombre de jours froid dans l’Arctique pourrait être à l’origine d’événements climatiques comme l’apparition plus régulière de vortex polaires, que l’on a vécus à Winnipeg au cours des dernières années, rappelle Jean-Eric Ghia. Il note aussi des effets sur le phénomène climatique El Niño et une augmentation du rythme d’événements météorologiques extrêmes.