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Michel Lacombe s'entretient avec Soleil Launière

Le 21e, ICI Première.
Michel Lacombe s'entretient avec Soleil Launière

Michel Lacombe s'entretient avec Soleil Launière

Soleil Launière, l’artiste pluridisciplinaire consciente de son identité innue

Portrait de Soleil Launiere, assise sur un canapé et souriante.
Soleil LaunierePHOTO : École nationale de théâtre du Canada
Le 21e, ICI Première.
Le 21ePublié le 24 mai 2022

Soleil Launière pose une question importante : comment être Québécoise et Autochtone en même temps. Elle est née à Mashteuiatsh, près de Roberval, au Lac-Saint-Jean, et son questionnement identitaire l'a menée à la danse, à la musique et au théâtre.

Sa mère est Québécoise de souche canadienne-française et son père est Innu. « Je dis plus souvent que je suis Innue que Québécoise, mais pour moi, […] être innue ne devrait pas enlever le fait qu’on soit Québécois aussi. […] Les deux côtés vivent à l’intérieur de moi », explique Soleil Launière.

Soleil Launière grandit dans les années 1990 alors que le racisme est très présent dans les environs de Mashteuiatsh. « De 1990 à aujourd’hui, c’est fou comment le monde a changé. Puis c’est bien! »

Elle vit des difficultés à l’école. « Je dessinais partout, mais je n’écoutais pas ». Au secondaire, elle va à Roberval, à 10 minutes en voiture de Mashteuiatsh. « Je change de monde et les classes sont encore plus grandes. »

En troisième secondaire, Soleil Launière s’inscrit au programme Katimavik, qui permet aux jeunes de 17 à 21 ans de voyager au Canada et de faire du bénévolat. Elle séjourne ainsi en Nouvelle-Écosse, au Québec et en Ontario.

Après cette expérience enrichissante, elle vit à Calgary, en Alberta, pendant un an. C’est là qu’elle suit des cours de chant et qu’elle se rend compte qu’elle a du talent. « Apparemment, je suis capable de chanter. » Vers ses 18 ans, elle « commence à ouvrir [sa] parole, [sa] gorge, à chanter de plus en plus ».

Pendant sa vingtaine, Soleil Launière voyage partout dans le monde. Entre deux séjours à l’étranger, elle suit des cours de théâtre et de chant. « Je me suis découverte. Je pouvais vraiment dire qui j’étais », raconte-t-elle.

De retour de ses voyages, elle s’installe à Montréal vers 2014 et désire faire carrière dans les arts. Elle commence à jouer un peu partout et, tranquillement, elle fait des auditions pour des troupes de théâtre.

Sur une scène, le corps de la comédienne est dans la peine ombre. En arrière plan, l'image d'un corps de femme est projetée sur un mur.

Soleil Launière, en répétition du spectacle Umanishish, mis en scène par Xavier Huard et Gonzalo Soldi (Production, 2014).

Gracieuseté

Ses efforts sont récompensés. De 2018 à 2020, elle est artiste en résidence à l’École nationale de théâtre, à Montréal. Aujourd’hui, elle y est artiste associée et enseignante. « Il manque de présence autochtone dans les écoles. C’est un lien à créer », croit-elle.

À l’heure actuelle, Soleil Launière est en résidence au Théâtre d’Aujourd’hui. Dans ses spectacles, elle affirme son identité innue et « beaucoup le territoire aussi, [sa] relation avec [son] environnement ».