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Le devoir de mémoire : Entrevue avec le professeur Johann Michel

Le 15-18, ICI Première.
Audio fil du jeudi 20 décembre 2018

Le devoir de mémoire : Entrevue avec le professeur Johann Michel

La rivalité des mémoires, un phénomène bien réel

Une chandelle dans le noir.
Quel est notre devoir de mémoire en tant que société?PHOTO : Reuters / Joshua Roberts
Le 15-18, ICI Première.
Le 15-18Publié le 21 décembre 2018

Il y a les guerres, l'histoire et les événements marquants. Mais comment se souvenir de tout? Johann Michel, professeur de science politique à Poitiers et à l'École des hautes études de sciences sociales à Paris, a écrit le livre Le devoir de mémoire, qui porte sur la question.

« Le devoir de mémoire, c’est une manière de se rapporter au passé qui passe par un mode injonctif, c’est-à-dire par le ‘’tu dois te souvenir’’. », explique Johann Michel.

« Ça se distingue du fonctionnement spontané de la mémoire; il y a des souvenirs qui peuvent nous arriver, mais dans le cas du devoir de mémoire, il y a une injonction à se souvenir », poursuit-il.

Le professeur explique que le devoir de mémoire s’est manifesté surtout à partir des années 90, particulièrement en Europe, et surtout en relation avec la question de la Shoah. Selon lui, il y avait un besoin de désigner un rapport injonctif au passé, omnitemporel. Le besoin de ne pas oublier certains événements, jugés fondateurs, est constaté dans toutes les sociétés.

Johann Michel mentionne que, parce que la France a une part de responsabilité pour la déportation des Juifs, et d’autres événements historiques tragiques, comme l’esclavage, il s'agit d'une reconnaissance mémorielle, une forme de réparation par rapport aux préjudices.

Une concurrence des mémoires

Il y a, certes, l’importance de la Shoah. Mais certains disent qu’on en fait trop pour sa mémoire et pas assez pour d’autres causes. Ça donne lieu, selon le professeur, à une forme de concurrence des mémoires qui entre en rivalité avec les groupes mémoriels.

Au sujet des groupes dont les souvenirs ne correspondent pas ou s’opposent au « souviens-toi » majoritaire, comme c’est le cas des Autochtones au Canada, Johann Michel répond qu’il faudrait faire des recherches pour déterminer si le devoir de mémoire n’a pas été dominé plutôt par ceux qui ont combattu pour le pays, notamment.

Pour l'avenir, Johann Michel croit qu’il faut voir si ces devoirs de mémoire peuvent cohabiter, même s’ils sont antagonistes.