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Le 15-18, ICI Première.
Le 15-18, ICI Première.
Audio fil du jeudi 27 septembre 2018

Témoignages de Christine Blasey Ford et Brett Kavanaugh au Sénat américain

Accusé d’agression sexuelle, Brett Kavanaugh se pose en victime

Publié le 27 septembre 2018
Le juge Kavanaugh au micro
Le juge Kavanaugh a nié vigoureusement avoir commis quelque agression sexuelle que ce soit.PHOTO : Associated Press / MICHAEL REYNOLDS

Pour la coprésidente de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, Ginette Chénard, l'attitude de victime du juge Brett Kavanaugh, lors de son témoignage devant la commission du Sénat américain, ne l'a pas rendu convaincant.

Il est arrivé avec un ton de défiance, plutôt agressif, observe-t-elle. Il se pose en victime, c’est surtout ça que l’on retient de son témoignage.

Brett Kavanaugh a commencé son témoignage par une déclaration qui, de l’avis de Ginette Chénard, aurait pu être mieux structurée et moins répétitive. Il a ensuite nié toutes les allégations à son endroit, disant qu’on détruisait sa réputation et sa famille.

Il a même pleuré à plusieurs reprises, souligne la spécialiste : Sa gestuelle était vraiment lamentable parce qu’il a pleuré presque tout le temps, il reniflait, il était nerveux, contrairement à l’attitude beaucoup plus posée, ce matin, de la dame. Alors, on a affaire à un type qui était complètement ébranlé par ce processus-là et qui était sur la défensive.

« Dans un cas comme ça, en principe, la victime, c’est celle qui a vécu l'agression sexuelle, et non pas nécessairement l’agresseur, mais comme il nie complètement toutes les allégations, il se pose en victime. »

—  Ginette Chénard, coprésidente de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM

Ginette Chénard fait remarquer qu’à l’opposé, Christine Blasey Ford, la première à avoir accusé Brett Kavanaugh d’agression sexuelle, a témoigné de façon très calme et qu’elle semblait en contrôle d’elle-même, ce qui contraste avec l’attitude du juge. Son témoignage était très fort, je dirais même très poignant, affirme-t-elle.

La spécialiste précise que la présumée victime a accepté de se soumettre au polygraphe et qu’elle collabore pleinement à l’enquête.