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Vers un déclin de la demande du pétrole : Entrevue avec Pierre-Olivier Pineau

Le 15-18, ICI Première.
Rattrapage du 15 sept. 2020 : Vente de MEC et déclin du pétrole

Vers un déclin de la demande du pétrole : Entrevue avec Pierre-Olivier Pineau

Quand même l’industrie pétrolière ne voit plus d’avenir pour le pétrole

Un puits de pétrole.
Un puits de pétrole près de Midland, au TexasPHOTO : Radio-Canada / Marcel Calfat
Le 15-18, ICI Première.
Le 15-18Publié le 16 septembre 2020

La pétrolière britannique BP a publié un rapport dans lequel elle envisage un lent déclin de la consommation de pétrole dans le monde au cours des prochaines décennies. « Même les compagnies de pétrole voient que c'est peut-être le début de la fin de la consommation de pétrole », note Pierre-Olivier Pineau, professeur et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal.

BP a établi trois scénarios pour voir comment la demande en pétrole pourrait évoluer dans le temps, mais elle précise que la situation actuelle est trop incertaine pour parler de prévisions.

Parmi ces scénarios, celui qui est le plus optimiste pour l’industrie se base sur une faible lutte contre les changements climatiques. Ce qui est vraiment intéressant, c’est que, même dans ce scénario, il y a un déclin de la consommation de pétrole d’ici 2050, indique Pierre-Olivier Pineau.

Peu importe le scénario, BP ne voit aucun potentiel de croissance pour le pétrole, autant dans le secteur des transports que dans celui du bâtiment, de l’électricité ou de la production industrielle. Dans ces trois derniers secteurs, le déclin de l’utilisation de pétrole s’est amorcé il y a bien longtemps. Ce que le rapport de BP nous dit, c’est que ce qu’on a déjà observé en électricité, en bâtiment, en industrie, on risque de l’observer dans les 20 à 30 prochaines années dans le secteur du transport, observe Pierre-Olivier Pineau.

Qu’est-ce que cela signifie pour le Canada?

Le professeur rappelle que la demande en pétrole ne tombera pas à zéro du jour au lendemain. Les compagnies pétrolières canadiennes pourront donc continuer leurs activités, mais elles ne prendront plus d’expansion.

Il faut donc que le gouvernement de l’Alberta réalise qu’il doit diversifier l’économie parce que ce n’est plus un secteur en croissance, dit-il.