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Le 15-18 sur ICI Première.
Le 15-18 sur ICI Première.
Rattrapage du 4 juin 2020 : Hydroxychloroquine et racisme

Rétraction de The Lancet sur l'hydroxychloroquine : Entrevue avec Marine Corniou

The Lancet retire l’étude sur l’hydroxychloroquine

Publié le 4 juin 2020
Un technicien verse des comprimés d'hydroxychloroquine à la pharmacie Rock Canyon de Provo, aux États-Unis.
L’étude a conduit à la suspension d'essais cliniques de l'hydroxychloroquine.PHOTO : Getty Images / GEORGE FREY

Une étude publiée le 22 mai par la prestigieuse revue The Lancet laissait entendre que l'hydroxychloroquine pouvait avoir un lien avec un taux de mortalité accru chez les patients atteints de la COVID-19. Or, comme l'explique la journaliste scientifique Marine Corniou, de nombreux chercheurs ont soulevé des doutes quant à la fiabilité des données utilisées dans cette étude, au point où The Lancet a décidé de la retirer.

Cela fait des semaines que tous les yeux sont tournés vers l’hydroxychloroquine comme possible remède à la COVID-19. Le médicament est même devenu un sujet de débat, beaucoup plus politique que scientifique, de l’avis de Marine Corniou.

Toute la communauté scientifique attendait avec impatience une étude solide qui allait pouvoir aider à trancher le débat, mais, malheureusement, cette étude s’est finalement avérée problématique, explique la journaliste.

À première vue, rien ne permettait de croire que l’étude manquait de fiabilité. Bien qu’il ne s’agissait pas d’un essai clinique, elle avait analysé les données de 96 000 personnes atteintes de la COVID-19. C’était une grosse étude, précise Marine Corniou.

Il n’est donc pas surprenant qu’elle ait créé des remous dès sa publication. Elle montrait qu’il y avait un accroissement de la mortalité pour les patients qui prenaient de l’hydroxychloroquine, donc c’était très grave, au point où l’OMS [Organisation mondiale de la santé] a suspendu les essais cliniques en cours et que plusieurs pays ont interdit la prescription de ce médicament, souligne la journaliste.

Dès la publication de l’étude dans The Lancet, des scientifiques ont fait part de leurs inquiétudes quant à la fiabilité des données, qui provenaient d’une firme privée un peu obscure. De nombreux chercheurs ont signé une lettre ouverte demandant à The Lancet de revoir la méthodologie de l’étude en question. Les auteurs eux-mêmes ont demandé à la revue à ce que la publication soit retirée.

Le fait que l’étude ait été publiée malgré les failles dans sa méthodologie inquiète Marine Corniou, mais la journaliste se réjouit de voir que le tir a été corrigé rapidement : Je pense qu’il faut être rassuré sur le fait que la science s’autocorrige très bien.

Elle rappelle que l’urgence engendrée par la crise du coronavirus a fait en sorte que le processus de révision des études a été grandement accéléré, ce qui accroît le risque d’erreurs.