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Racisme et la brutalité policière aux États-Unis : Entrevue avec Francis Langlois

Le 15-18, ICI Première.
Rattrapage du 1er juin 2020 : Brutalité policière et 400 M$ pour la culture

Racisme et la brutalité policière aux États-Unis : Entrevue avec Francis Langlois

Racisme et brutalité policière aux États-Unis : des pratiques difficiles à changer

Un jeune homme noir portant un masque noir avec la mention «Je ne peux pas respirer».
« Je ne peux pas respirer ». Ces mots prononcés par George Floyd avant de mourir sont inscrits sur les masques de plusieurs manifestants à Minneapolis.PHOTO : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair
Le 15-18, ICI Première.
Le 15-18Publié le 1 juin 2020

Le meurtre de George Floyd par un policier à Minneapolis ravive les débats sur la brutalité policière et le profilage racial aux États-Unis. Francis Langlois, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand, explique pourquoi les pratiques des corps policiers chez nos voisins du sud seront extrêmement difficiles à changer.

« C’est une chose de prendre conscience de certaines pratiques, mais ça en est une autre de les changer. »

— Une citation de  Francis Langlois, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’Observatoire sur les États-Unis (UQAM)

Francis Langlois explique qu’après les émeutes de Ferguson en 2014, des mesures ont été mises en place pour diminuer le nombre d’homicides et d'incidents violents qui impliquent la police, la communauté afro-américaine et l’ensemble de la population. On a par exemple installé des caméras sur les policiers, créé des processus pour rendre les enquêtes internes plus transparentes, ou encore donné des cours aux policiers sur les préjugés raciaux.

« Par contre, on se rend compte que, de façon générale, ces mesures-là n’ont pas vraiment permis de changer les pratiques », dit le chercheur, précisant que le nombre d’homicides engendrés par la police n’a pas diminué depuis l’instauration de ces mesures.

En plus de l’impunité policière, qui est très courante aux États-Unis, Francis Langlois explique qu’il y règne également le « blue wall of silence  », « une espèce d’omerta qui fait que les agents ne se dénoncent pas entre eux, et même face à leurs patrons ».

Les services de police, trop financés?

Depuis la présidence de Richard Nixon, les budgets consacrés aux logements et aux services sociaux ont été transférés vers les services policiers, qui sont devenus malgré eux le service social de proximité aux États-Unis. « Ce sont des ressources qui sont enlevées à la communauté et envoyées vers la police », dit Francis Langlois.

« La société américaine a criminalisé une partie de la pauvreté et une partie des gens qui ont des problèmes psychiatriques. C’est un processus structurel à long terme qui est extrêmement difficile à changer. »

— Une citation de  Francis Langlois, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’Observatoire sur les États-Unis (UQAM)

« Ça va prendre beaucoup de volonté pour changer ça. Je ne pense pas que l’actuel occupant de la Maison-Blanche va mettre son poids dans la balance pour aller dans cette direction-là, car la police est très décentralisée aux États-Unis », conclut le chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand.