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Le 15-18, ICI Première.
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Rattrapage du 20 mai 2020 : Vaccin et référendum

Les organisations de soins de longue durée : Entrevue avec François Aubry

Quand écoutera-t-on les préposées aux bénéficiaires?

Publié le 22 mai 2020
Une jeune femme noire ramène chez lui un homme âgé en fauteuil roulant.
Une préposée aux bénéficiairesPHOTO : Getty Images

François Aubry, professeur au Département de travail social de l'Université du Québec en Outaouais, estime que les centres d'hébergement et de soins longue durée (CHSLD) et leurs équivalents français, les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), sont là pour de bon. Mais leur fonctionnement devra être revu en profondeur. C'est le constat qui est exprimé dans le livre Les organisations de soins de longue durée : points de vue scientifiques et critiques sur les CHSLD et les EHPAD, qu'il a codirigé.

Il n’existe pas de grandes différences entre les soins apportés aux aînés dans les CHSLD et ceux qui sont prodigués dans les EHPAD, selon François Aubry. L’organisation du travail dans ces deux types de ressources est toutefois très différente.

Dans les CHSLD, les préposées aux bénéficiaires travaillent la plupart du temps avec des horaires à temps partiel et sur appel, se promenant d’un établissement à l’autre. Ça, c’est quelque chose de très québécois, affirme François Aubry.

Le professeur déplore le manque de valorisation des préposées, qui prodiguent pourtant entre 80 % et 90 % des soins qui sont donnés aux résidents dans les CHSLD. On a beaucoup de difficulté à mettre en lumière l’étendue des connaissances, des savoirs et des expertises qu’ils mettent en uvre quotidiennement avec les résidents et leur famille, pense-t-il.

Selon François Aubry, la principale cause de ce manque de valorisation réside dans l’organisation du système de santé : On a un enjeu central dans ces organisations, c’est la standardisation des politiques et des pratiques, qui proviennent du ministère et qui descendent jusque dans les milieux de soins.

Le professeur soutient que cette industrialisation du système de santé fait en sorte que les personnes qui prennent les décisions sont complètement déconnectées de la réalité sur le terrain.

François Aubry est convaincu que les CHSLD ont leur place dans la société québécoise, car il y aura toujours des personnes en perte d’autonomie qui auront besoin de soins particuliers. Il insiste par contre sur l’importance de revoir en profondeur leur mode de gestion.