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Le 15-18 sur ICI Première.
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Rattrapage du 15 avr. 2020 : Jardins communautaires et santé mentale

Isabelle Picard, Première spécialiste aux affaires autochtones à Radio-Canada

Coronavirus : retour vers la médecine traditionnelle dans les communautés autochtones

Publié le 16 avril 2020
Isabelle Picard, chroniqueuse à Espaces autochtones en direct
Isabelle Picard, ethnologue.PHOTO : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

La pandémie de COVID-19 sème une grande inquiétude au sein des communautés autochtones du Québec. Il faut dire que plusieurs nations ont vécu à la dure les différentes épidémies qui ont traversé l'histoire, et elles connaissent les ravages qu'elles peuvent causer. La crise actuelle a poussé plusieurs Autochtones à se tourner vers leur médecine traditionnelle, selon l'ethnologue spécialiste des Premières Nations Isabelle Picard.

Toutes les communautés autochtones du Canada sont en confinement, mais les conseils de bande permettent à leur population de se rendre dans les territoires autour de la communauté pour aller cueillir des ingrédients médicinaux. Souvent, dans les épidémies à travers l’histoire, on s’est tournés vers nos propres médecines, nos propres croyances, note Isabelle Picard. Il y a même des rituels qui n’avaient pas été faits depuis des décennies et qui ont été réalisés dernièrement.

La pandémie de COVID-19 a au moins comme effet positif de favoriser la transmission de ces traditions médicinales aux jeunes générations.

La situation demeure toutefois précaire dans de nombreuses communautés. Certaines ne disposent d’aucun centre médical ni de matériel de protection comme des masques ou des gants. Et ce ne sont pas toutes les communautés qui ont établi un protocole d’urgence.

À tout cela, il faut ajouter la promiscuité dans certaines habitations, qui peuvent accueillir jusqu’à 10 personnes. Le gouvernement fédéral a d’ailleurs dégagé un budget pour la construction d’abris temporaires dans les communautés autochtones, mais cet engagement ne s’est pas encore réalisé sur le terrain, selon Isabelle Picard.

L’ethnologue rappelle que les différentes épidémies à travers l’histoire ont profondément marqué les peuples autochtones. Déjà, au 17e siècle, nous, les Wendat, sommes passés de 40 000 personnes à 9000 individus à cause des épidémies, souligne-t-elle.

Elle mentionne également l’épidémie de tuberculose qui a terrassé les Atikamekw dans les années 60:  C’est resté pendant deux décennies chez eux, donc les aînés qui sont là aujourd’hui ont connu ces épidémies et ils connaissent les ravages que ça peut faire au sein d’une communauté.