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Livraison de cannabis à domicile dans le but d'enrayer le marché noir

Le 15-18 sur ICI Première.
Rattrapage du 22 nov. 2019 : livraison de cannabis, grève au CN et pénurie de propane

Livraison de cannabis à domicile dans le but d'enrayer le marché noir

La SQDC veut offrir la livraison de cannabis à domicile

Une personne tient un joint
Au Canada, le cannabis a été légalisé en octobre 2018PHOTO : iStock
Le 15-18 sur ICI Première.
Le 15-18Publié le 22 novembre 2019

La Société québécoise du cannabis (SQDC) souhaite lancer un projet pilote qui lui permettra de livrer de la marijuana à domicile. Pour Jean-Sébastien Fallu, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal, il s'agit d'une excellente initiative.

Jean-Sébastien Fallu estime que le cannabis légal est encore trop peu accessible pour être capable de concurrencer celui qui est vendu sur le marché noir. Il rappelle qu’il est possible de se faire livrer du cannabis illégal en moins d’une heure.

C’est pourquoi il espère que le service de livraison de la SQDC sera rapide. Si la livraison prend deux ou trois jours, ça n’arrivera pas à concurrencer le marché noir, estime-t-il.

À ceux qui soulèvent le fait que la livraison d’alcool prend généralement plusieurs jours, le professeur répond que l’alcool est beaucoup plus accessible que le cannabis puisqu’il est aussi vendu dans les dépanneurs et les épiceries.

La livraison encouragera-t-elle la consommation?

Pour Jean-Sébastien Fallu, il est évident qu’une plus grande accessibilité au cannabis augmentera sa consommation, mais ce n’est pas nécessairement négatif : Si on augmente l’usage qui n’est pas problématique, qui n’est pas à risque et qui, dans certains cas, remplacerait l’alcool, je ne vois pas de problème.

Le défi pour l’État québécois est de trouver le juste équilibre qui fera en sorte que le marché noir n’aura plus de raison d’être, sans qu’il y ait une plus grande consommation problématique de cannabis. Le gouvernement devra aussi résister à la tentation de chercher à faire augmenter ses revenus provenant de la vente de cannabis. C’est le risque, dans une société capitaliste, qu’on quitte les objectifs de santé publique pour aller vers des objectifs économiques, affirme le professeur.

Par ailleurs, s’il estime que le cannabis n’est pas encore assez accessible et que ses consommateurs sont trop stigmatisés, il pense que l’alcool est, à l’opposé, beaucoup trop accepté dans la société québécoise. On stigmatise même les personnes qui ne consomment pas d’alcool, déplore-t-il.