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Le 15-18, ICI Première.
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L'histoire des idées avec Jonathan Livernois : Normand Bethune, médecin combatif

Norman Bethune, le médecin engagé

Publié le 31 mars 2020
Le Dr Norman Bethune, pendant la guerre civile espagnole, à la fin des années 1930. Il dirigeait alors le service mobile de transfusion sanguine.
Le Dr Norman Bethune, pendant la guerre civile espagnole, à la fin des années 1930. Il dirigeait alors le service mobile de transfusion sanguine.PHOTO : La Presse canadienne / Archives nationales du Canada

Alors que les médecins du monde entier s'activent pour contrer le coronavirus, l'historien Jonathan Livernois retrace l'histoire d'un autre médecin qui, il y a plusieurs décennies, s'est lui aussi donné corps et âme pour assurer le bien-être de la société : Norman Bethune. Connu pour son travail sur le front en Espagne et en Chine, le médecin canadien a également fait œuvre utile dans la société montréalaise.

Né en Ontario, c’est à Montréal que Norman Bethune a décidé de s’installer après avoir voyagé aux États-Unis et en Europe. En 1928, il est devenu l’assistant d’un grand chirurgien thoracique de l’Université McGill et, très vite, il a fait une forte impression sur ses collègues. Il était assez cavalier dans ses manières de faire de la médecine, explique Jonathan Livernois. Son style déstabilisait l’establishment de McGill.

Le médecin s’est vu contraint de quitter l’université quelques années plus tard. Il est alors devenu chef du service de chirurgie pulmonaire de l’Hôpital Sacré-Cœur, à Cartierville, un milieu francophone. Il s’est intégré à ce milieu canadien-français très rapidement, souligne Jonathan Livernois. Norman Bethune insistait d’ailleurs pour que l’on prononce son nom de famille à la française.

L’engagement social

Au-delà de la médecine, Norman Bethune tentait aussi d’améliorer le monde par son engagement communautaire.

À l’époque où la tuberculose minait la population québécoise, particulièrement les Canadiens français, le médecin tenait une clinique gratuite le samedi pour soigner les plus démunis, qui ne pouvaient se payer un séjour en sanatorium. Bethune avait compris qu’il y avait une tuberculose pour les riches et une autre pour les pauvres, affirme Jonathan Livernois. Pour lui, c’était très important de ramener une sorte d’équilibre social.

Norman Bethune a aussi mis sur pied le Montreal Children Art Center, dans son propre appartement, pour enseigner la peinture aux enfants défavorisés.

Le médecin a dû subitement abandonner tous ces engagements pour se rendre en Espagne, où il était appelé par la guerre civile qui opposait les républicains aux partisans du régime dictatorial de Franco. C’est dans ce contexte qu’il a inventé la première unité mobile de transfusion sanguine. Il avait mis des réfrigérateurs dans des camions et il réussissait à aller près du front, raconte Jonathan Livernois.

Après l’Espagne, c’est la Chine qui a bénéficié du dévouement et de l’ingéniosité de Norman Bethune, lors de la guerre contre le Japon. La témérité et le mépris des risques du médecin ont toutefois signé sa perte. Il est mort d’une septicémie après s’être blessé en opérant un soldat sans porter de gants, sur le front chinois.

Encore aujourd’hui, Norman Bethune est considéré comme un véritable héros en Chine et tous les élèves apprennent par cœur une ode qui lui est consacrée.

Bethune est vraiment un homme exemplaire, un médecin exemplaire, engagé socialement, et dont l’histoire est liée à la ville de Montréal par ses innovations technologiques médicales, conclut Jonathan Livernois.