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Les pavés de Montréal, pas aussi vieux qu’on pourrait le croire

Le 15-18, ICI Première.
Audio fil du mercredi 23 mai 2018

Les pavés de Montréal, pas aussi vieux qu’on pourrait le croire

Histoire de Montréal avec Jean-François Nadeau : Les pavés

Photo en noir et blanc montrant une rue pavée sur laquelle on voit une automobile ancienne et un tramway.
La rue Sainte-Catherine Ouest à Montréal, pavée, en 1920PHOTO : Musée McCord
Le 15-18, ICI Première.
Le 15-18Publié le 23 mai 2018

« De mémoire d'homme, on a l'impression que ça a toujours été pavé dans le Vieux-Montréal, ce qui n'est pas tout à fait exact », affirme l'historien Jean-François Nadeau. Alors qu'ils semblent tout droit sortis du 19e siècle, certains de ces pavés ne datent que des années 1960, souligne-t-il.

C’est le cas des pavés de la rue Saint-Paul, notamment.

« Ces pavés étaient, à une époque où l’automobile ne régnait pas encore, extrêmement appréciables, dans la mesure où ils permettaient, par exemple, d’assurer l’emprise entre les rails de tramways, nombreux jusqu’en 1957 », explique Jean-François Nadeau. Ce type de revêtement permet aussi de réduire la boue dans les rues, dans les pays où le gel et le dégel sont fréquents.

« C’est véritablement l’emprise de l’automobile qui fait en sorte que ce n’est plus quelque chose d’appréciable », affirme l’historien. La plupart des pavés ont donc été retirés des rues montréalaises dans l’après-guerre.

« Une autre des raisons pour lesquelles ont s’est mis à enlever les pavés dans les rues à Montréal et à d’autres endroits, c’est que l’administration publique de la plupart des villes a eu peur, à raison, qu’on utilise le pavé comme une arme offensive ou comme une arme défensive », ajoute Jean-François Nadeau. Les pavés ont notamment été utilisés comme projectiles et pour confectionner des barricades en France lors de la Commune de Paris en 1870, ainsi qu’en mai 1968.

Quelques décennies plus tard, on s’est rendu compte que les pavés ajoutaient beaucoup de charme aux villes européennes, leur donnant un côté vieillot. « On a donc cherché patiemment à faire rejaillir du passé cette vision qu’on avait de la ville, raconte Jean-François Nadeau. Et on le voit aujourd’hui : on imagine très mal le Vieux-Montréal sans cette portion de pavés. »

Paver la voie aux ruelles

Les ruelles font partie de ces espaces boueux qui ont longtemps été pavés.

« La ruelle est très montréalaise dans notre esprit, mais c’est une invention anglaise qui date du 19e siècle », mentionne Jean-François Nadeau. C’est notamment l’endroit où les Montréalais recevaient les livraisons de mazout, de charbon, de bois et de glace.

« C’est aussi le repaire des enfants qui n’ont pas de parc », précise l’historien.