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Histoire de Montréal avec Jean-François Nadeau : Benito Mussolini

Le 15-18, ICI Première.
Audio fil du mercredi 14 mars 2018

Histoire de Montréal avec Jean-François Nadeau : Benito Mussolini

Quand Mussolini était adulé à Montréal

Peinture montrant Mussolini sur un cheval
Image de Benito Mussolini peinte sur la voûte de l'église Notre-Dame-de-la-Défense, à Montréal, par Guido NincheriPHOTO : Radio-Canada / Catherine Contant
Le 15-18, ICI Première.
Le 15-18Publié le 16 mars 2018

Le dictateur fasciste italien Benito Mussolini a été la coqueluche de bien des Montréalais avant de devenir un personnage honni de l'histoire, rappelle l'historien Jean-François Nadeau.

Il était surtout populaire chez les catholiques, précise l'historien, notamment à cause du rôle qu’il a joué dans les accords du Latran. « Pour la première fois, le gouvernement italien s’entendait avec la papauté pour rétablir l’ordre qui prévalait avant la crise de 1870. »

La voûte de l’église Notre-Dame-de-la-Défense, à Montréal, revêt d’ailleurs une fresque conçue par le décorateur Guido Nincheri, représentant notamment Mussolini monté sur son cheval.

« Certains personnages politiques, comme le maire Camillien Houde, verront en lui un personnage digne du plus grand respect. »

— Une citation de  Jean-François Nadeau, historien

L’un des plus grands admirateurs de Benito Mussolini à Montréal était Anaclet Chalifoux. Inspirés par le mouvement fasciste en Italie, les membres de son club ouvrier se plaisaient à parader vêtus de chemises brunes. Anaclet Chalifoux projetait d’ailleurs, en 1934, d’organiser un coup d’État contre Camillien Houde pour s’emparer de l’Hôtel de Ville.

Il a même invité Benito Mussolini à venir à Montréal pour prendre part aux célébrations de la Confédération. « ll lui promettait un char sur lequel il serait dressé en l’honneur de la communauté italienne », raconte Jean-François Nadeau. Le dictateur italien n’est toutefois jamais venu à Montréal.

La lune de miel entre Mussolini et les Montréalais n’a pas duré longtemps. Au printemps 1940, le vent a tourné, la guerre était déclarée depuis l’année précédente. « Et là, on avait de sérieuses suspicions à l’égard de tous ressortissants italiens, qu’on a arrêtés en masse », indique l’historien. Plus de 200 personnes ont été arrêtées à Montréal, et plusieurs ont été envoyées dans un camp sur l’île Sainte-Hélène.

Les trésors de la Maison d’Italie

C’est le maire Camillien Houde qui a offert à la communauté italienne d’avoir sa propre Maison d’Italie. Une plaque de marbre, se trouvant dans le bâtiment encore aujourd’hui, affiche d’ailleurs le nom de Camillien Houde parmi les fondateurs du lieu. Une autre plaque de marbre, située juste en face, affiche quant à elle un mot de Mussolini.

Mise sous scellés en 1940, la Maison d’Italie a été redonnée à la communauté italienne en 1946 seulement. « Mais les autorités auront jugé bon de détruire une bonne partie des œuvres d’art qui s’y trouvent, et des archives surtout », mentionne Jean-François Nadeau.

Certaines œuvres ont toutefois subsisté, notamment une fresque incrustée dans le plancher représentant un faisceau, symbole du fascisme, comme l’explique l’historien : « C’est la conjonction de rayons lumineux, de rayons du travail, des forces ouvrière et politique qui se conjuguent vers un seul centre, qui règnent en la figure d’un personnage, Mussolini en l’occurrence. »