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La nature selon Boucar, ICI Première.
La nature selon Boucar, ICI Première.
Audio fil du samedi 11 août 2018

Les chimpanzés, selon le primatologue Daniel Paquette

Les chimpanzés aussi font de la politique

Publié le 12 août 2018
PHOTO : iStock

On peut analyser les comportements de nos proches cousins, les chimpanzés, comme on le ferait avec la joute politique chez les humains. Boucar Diouf a fait appel au primatologue Daniel Paquette pour découvrir les rouages de la société constituée par ces singes.

« Les humains sont plus coopératifs que les chimpanzés, mais les relations de pouvoir sont là dans les deux cas, explique l’auteur du livre Ce que m’ont appris les chimpanzés. Il n’y a pas de différence de nature entre le chimpanzé et l’humain : c’est une question de degrés. »

Dans les groupes de chimpanzés, il y a un mâle dominant et toute une hiérarchie de subalternes sous ce dernier. Pour arriver à cette position, la force physique n’est pas suffisante. Le leader a dû faire aller son réseau de contacts.

« Si un mâle commence à s’intéresser à cette position-à, il va développer des alliances avec d’autres mâles en se préparant des mois à l’avance. »

Il peut y arriver en rendant des services à ses congénères, comme en faisant leur toilette ou en leur retirant des poux.

Lorsque vient le temps de renverser le mâle dominant en place, c’est accompagné d’un ou deux alliés que l’aspirant mène son « coup d’État ».

Et qu’obtiennent les alliés en contrepartie?

« Si tu es dans une position proche du mâle dominant, tu peux bénéficier de certains privilèges que le mâle dominant a », explique Daniel Paquette, comme l’accès prioritaire aux partenaires sexuelles ou aux ressources.

L’intelligence avant les gros bras

Contrairement à ce qui est la plupart du temps le cas chez les autres espèces animales, « la force physique n’est pas si importante que ça chez le chimpanzé », indique Daniel Paquette.

Il cite un exemple où l’on a observé un chimpanzé mâle qui a renversé la pyramide sociale de son groupe en sa faveur grâce à un bidon d’essence vide.

« Il le frappait partout pour faire du bruit et il était devenu dominant d’un seul coup parce qu’il a fait peur au mâle dominant. »

« Quand les mâles se confrontent, l’idée, c’est de ne pas montrer sa peur, donc c’est sûr que le mâle dominant doit montrer une assurance totale. »

Les chimpanzés apprennent donc à manœuvrer avec sophistication, comme d'habiles politiciens, pour parvenir à leurs fins.