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Affaiblir les arbres en les taillant

La nature selon Boucar, ICI Première.
Audio fil du samedi 14 juillet 2018

Affaiblir les arbres en les taillant

L'architecture des arbres et leur stratégie de croissance, selon Jeanne Millet

Un grand arbre avec des feuilles oranges et vertes.
Un grand érable aux couleurs de l'automnePHOTO : iStock / Marc Bruxelle
La nature selon Boucar, ICI Première.
La nature selon BoucarPublié le 14 juillet 2018

« Il y a une vieille croyance qui dit que c'est bon pour un arbre de les tailler. Non : quand on taille un arbre, ce n'est que pour nos besoins. [...] Ce qu'on peut faire de mieux à un arbre, c'est de ne pas y toucher et de lui laisser son espace », affirme la professeure Jeanne Millet, du Département de sciences biologiques de l'Université de Montréal. Elle mène depuis plus de 20 ans des travaux sur l'architecture des arbres à l'Institut de recherche en biologie végétale.

Elle soutient que le pire, c’est de tailler un arbre à répétition. « Quand on coupe les branches, on l’affaiblit. » Elle cible particulièrement les émondeurs d’Hydro-Québec, qui taillent trop les arbres sans se préoccuper de leur spécificité.

Par ailleurs, la professeure prend la défense de l’érable argenté que l’on trouve en ville, car il est résistant à la pollution urbaine.

« Il a mauvaise presse, car ses racines percent les tuyaux ou les solages. Mais j’aime citer l’un de mes amis arboristes, Marc Grégoire, qui dit que si on n’avait planté que des chênes à Montréal, ce sont des racines de chêne qu’on retrouverait dans les tuyaux. »

— Une citation de  Jeanne Millet

Jeanne Millet explique que la racine est un tissu très tendre qui ne peut percer des tuyaux ou des fondations. « La racine cherche l’eau. S’il y a une petite fissure, la racine va suivre. […] Ça t’avertit simplement qu’il y avait déjà un problème », ajoute-t-elle.

Il existe une vingtaine d’architectures d’arbres

« Une fois que l’on comprend comment l’arbre se développe, on est en mesure de prévoir comment il va réagir à son environnement », explique Jeanne Millet. Cette dernière a développé une expertise de l’architecture des arbres, une discipline qui est née dans la forêt tropicale, où il y a la plus grande diversité d’espèces d’arbres.

Puisque les modèles des arbres de ces forêts étaient difficilement reconnaissables au Canada, Jeanne Millet a écrit un livre sur ceux qui poussent dans les forêts canadiennes. « Les grands arbres qui vont étaler leur cime auront la capacité de vivre plus longtemps », explique-t-elle.