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Entrevue avec l'éthologue Daniel Paquette : Les animaux sociaux

La nature selon Boucar, ICI Première.
Rattrapage du 6 juin 2020 : Animaux sociaux, confinement et anxiété

Entrevue avec l'éthologue Daniel Paquette : Les animaux sociaux

L’humain, un animal fondamentalement social

Des connexions illustrées sur le ciel d'une grande ville.
Selon l'éthologue Daniel Paquette, si notre cerveau est aussi gros, c’est pour gérer nos relations sociales, essentielles dans notre vie.PHOTO : getty images/istockphoto / metamorworks
La nature selon Boucar, ICI Première.
La nature selon BoucarPublié le 6 juin 2020

« Ce n'est pas normal pour une espèce grégaire comme l'humain de vivre cet isolement-là [dû à la pandémie]. On pourrait voir plein d'effets secondaires de cet isolement sur les individus. » Au micro de Boucar Diouf, Daniel Paquette, éthologue et professeur à l'école de psychoéducation de l'Université de Montréal, explique que l'humain, comme plusieurs autres espèces animales, a besoin de vivre en groupe pour sa survie et son bien-être.

« Il y a plein d’espèces qui ont développé le grégarisme comme solution adaptative, et ça se fait par sélection naturelle. Certains animaux ont eu besoin de vivre ensemble pour survivre », explique l’éthologue, citant en exemple les insectes sociaux, comme les termites et les fourmis, ou encore les poissons, les oiseaux et les mammifères.

« La socialité se voit un peu partout dans la nature, pas seulement chez les primates ou chez l’humain. »

—  Daniel Paquette, éthologue et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal

Chez les espèces animales, il y a plusieurs avantages à vivre en groupe. C'est en effet très utile pour se défendre contre les prédateurs ou trouver de la nourriture. Daniel Paquette ajoute que les primates bénéficient également de la transmission sociale en groupe, qui permet de tirer profit des apprentissages des autres.

C’est entre autres pourquoi l’humain n’est pas fait pour être séparé des autres. « Pour notre cerveau de chasseur-cueilleur, l’isolement signifie la mort. » Dans la préhistoire, la coopération était essentielle pour la survie de l’humain; pour un individu rejeté par son groupe, c’était la mort assurée.

Parmi les désavantages se trouve bien sûr le plus grand risque de mortalité dû aux épidémies, que l'on constate actuellement à l'échelle planétaire. Il y aussi la compétition interindividuelle qui peut être plus difficile à gérer : « On a les mêmes besoins, on est sur le même territoire, donc la compétition est exacerbée entre les individus. Il doit y avoir un équilibre entre les individus et les besoins du groupe », mentionne le scientifique.

« J’ai espoir que la pandémie va faire en sorte qu’on va revenir vers un équilibre plus pour le bien du groupe. Il y a un déséquilibre en ce moment vers les droits individuels plutôt que les besoins du groupe. »

—  Daniel Paquette, éthologue et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal