•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Début du contenu

Le rôle fondamental des virus dans les écosystèmes marins

La nature selon Boucar, ICI Première.
Rattrapage du 23 mai 2020 : Virus 101

Le rôle fondamental des virus dans les écosystèmes marins

Entrevue avec la microbiologiste Karine Lemarchand : Les virus marins

Photo d'un fond marin.
Dans l’océan, on compte 10 millions de virus par millilitre d’eau. En comparaison, les bactéries se dénombrent à 1 million par millilitre d’eau de mer.PHOTO : getty images/istockphoto / Damocean
La nature selon Boucar, ICI Première.
La nature selon BoucarPublié le 23 mai 2020

Sur toute la planète, que ce soit dans les océans ou sur la terre, les virus vont représenter 94 % de ce qui contient de l'ADN ou de l'ARN. « Les virus sont tout, tout petits, mais costauds. Ils arrivent à faire leur place, malgré leur petite taille », dit Karine Lemarchand. La microbiologiste et professeure à l'Institut des sciences de la mer à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) explique que les océans sont de gigantesques réservoirs de virus qui jouent un rôle important, entre autres dans les cycles de carbone.

« Les virus ont trois rôles fondamentaux dans les océans : ça peut être des assassins, des terroristes ou des dealers », vulgarise la scientifique. Les virus peuvent prendre les traits d’un « assassin » en tuant une cellule après l’avoir rencontrée. Ces virus vont avoir un rôle de régulation des populations dans les milieux marins.

Les virus peuvent également être des « terroristes », c’est-à-dire qu’ils vont infecter une cellule, sans la tuer tout de suite, et vont se propager sous forme d’ADN. Et finalement, les virus « dealers » transfèrent du matériel génétique d’une cellule à l’autre.

Les virus ont donc pour rôle de modifier les équilibres et de participer à la régulation du climat, soit de manière positive, soit de manière négative.

Dans le cas du SRAS-CoV-2, Karine Lemarchand explique que l'on peut se réjouir que son taux de mortalité ne soit pas de 100 %. « Ça pourrait arriver, un jour, qu’il naisse un virus plus mortel que celui-là, et seuls les individus qui seront capables de résister à ce virus pourront se développer », dit-elle.

« On pense toujours que, pour éliminer l’humain de la planète, il va falloir des événements climatiques majeurs, comme un volcan qui explose ou un astéroïde qui tombe, mais en fait, depuis que je pratique en microbiologie, je me suis toujours dit que ce qui va tuer l’humain, c’est le tout petit, pas le très grand. »

— Une citation de  Karine Lemarchand, microbiologiste et professeure à l’Institut des sciences de la mer à l’UQAR