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La matinale, ICI Première.
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Rattrapage du mercredi 12 mai 2021

Crevette nordique  :  la faiblesse du marché retarde le départ en mer

Crevette nordique  :  la faiblesse du marché retarde le départ en mer

Publié le 12 mai 2021
Un crevettier au large.
Les crevettiers tardent à prendre le large cette année en raison des faibles prix qui leur sont offerts pour leurs prises.PHOTO : Radio-Canada / Dan Cotton

La saison de pêche à la crevette dans le golfe du Saint-Laurent débute généralement au début du mois d'avril mais les pêcheurs sont toujours à quai. Ce retard est dû à la faiblesse des marchés mondiaux selon le directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels.

Les prix offerts par les acheteurs internationaux sont trop bas pour justifier les dépenses encourues par ce type de pêche, explique Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP). Les crevettiers préfèrent alors rester à quai.

Les possibilités d’exportation des crevettes nordiques qui sont pêchées à l’est du Canada sont d’autant plus entravées par le Brexit en Grande-Bretagne, qui représente normalement un marché important pour les crevettiers de la région.

Selon Jean Lanteigne, cette situation démontre à quel point l’industrie locale dépend des économies et des situations qui se passent sur le globe.

« On pêche de la crevette ici au Canada qu’on consomme très peu, on ne mange pas notre produit. Ça fait qu’à ce moment-là, on doit se tourner vers des marchés d’exportation. Présentement c’est le Royaume-Uni, la Chine, les États-Unis qui sont nos principaux endroits où on consomme notre produit. »

—  Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels
Jean Lanteigne, debout devant un gros navire nommé le Philippe Pierre.

Jean Lanteigne explique que les crevettiers sont dépendants du marché mondial et qu'il ont difficilement accès aux réseaux locaux et nationaux de distribution pour leurs produits.

Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Alors, pourquoi ne pas diversifier les débouchés d’exportation en augmentant la mise en marché à l’échelle locale ou nationale? Selon M. Lanteigne, cette option est limitée par trois facteurs.

Une question de goût

D’une part, les consommateurs canadiens semblent préférer aux petites crevettes nordiques des crustacés plus gros qui proviennent nécessairement d’autres pays.

C’est doublement dommage selon M. Lanteigne car la crevette nordique, malgré sa petite taille, possède des qualités qui la distinguent de ses compétiteurs. [E]lle est beaucoup plus savoureuse, elle est 100% à son état naturel. C’est une crevette sauvage, ce n’est pas un produit d’aquaculture alors [elle est] beaucoup meilleure pour la santé, avance-t-il.

L'attrait du marché mondial

De plus, le directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels croit qu’il est trop facile pour les producteurs d’ici de vendre l'entièreté de leurs prises à des acheteurs étrangers, en provenance par exemple du Royaume-Uni. Ça fait que la distribution à côté de chez-soi, on n’a pas besoin de ça parce qu’on a tout vendu, dit-il.

Problèmes de distribution locale

C’est ici qu’entre en jeu le troisième facteur : en privilégiant ces ventes faciles, en gros, à l’international, les producteurs locaux se retrouvent déconnectés des chaînes de distribution locale.

Selon Jean Lanteigne, les crevettes du golfe du Saint-Laurent peuvent se rendre dans les marchés du Nouveau-Brunswick, mais ces produits doivent d’abord passer par les grands centres canadiens de distribution alimentaire comme Montréal, Toronto ou Vancouver.

« Mais d’être capable de prendre un camion par exemple qui partirait de Lamèque et qui ferait de la distribution qui irait, je ne sais pas, à Moncton, Fredericton, Saint-Jean, Halifax, à toute fin pratique, c’est vraiment pas là. On n’est pas du tout dans ce type de consommation-là. »

—  Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels

M. Lanteigne ne va pas jusqu’à dire que la saison de pêche aux crevettes est compromise. Il reconnaît toutefois que les crevettiers vont hésiter à prendre le large tant que les prix offerts pour leurs prises ne seront pas plus favorables.