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La matinale, ICI Première.
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Rattrapage du vendredi 22 janvier 2021

Bilinguisme  :  que faut-il pour que plus d'anglophones soient bilingues

Bilinguisme  : « Le français s’apprend, mais l’anglais s’attrape »

Publié le 22 janvier 2021
Un autobus scolaire au Nouveau-Brunswick le 19 janvier 2021.
Un autobus scolaire.PHOTO : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Le gouvernement provincial du Nouveau-Brunswick entame cette année le processus de révision de la Loi sur les langues officielles qui doit avoir lieu chaque décennie. Le premier ministre Blaine Higgs a affirmé, lors d'une entrevue accordée à La matinale cette semaine, qu'il veut porter ce processus plus loin en incluant l'éducation.

Je comprends que le volet éducation ne fait pas partie de la loi, admet le premier ministre.

Cependant, dans le mandat octroyé aux commissaires qui devront mener le processus de la révision, M. Higgs demande pourquoi les anglophones ne sont pas bilingues au Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre avance que 95 % des élèves qui obtiennent un diplôme d’études secondaires de l’une ou l’autre des écoles francophones au Nouveau-Brunswick peuvent maîtriser les deux langues officielles parce que le système francophone fait un bien meilleur travail.

« J'espère que nous pourrons tirer des leçons du système francophone et que nous pourrons nous améliorer dans le système anglophone afin de pouvoir relever les défis auxquels nous faisons face en tant que société. J’espère que nos enfants obtiennent leur diplôme d’études secondaires qui leur donne les compétences pour qu’ils deviennent ce que nous leur demandons d'être. »

—  Le premier ministre Blaine Higgs

Si, je pense au système francophone qui permet à 95 % des élèves d'obtenir leur diplôme dans les deux langues, pourquoi ne pouvons-nous pas le faire dans le système anglophone?, se demande le chef du Parti progressiste-conservateur.

Blaine Higgs en conférence de presse.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick, le 17 janvier 2021.

Radio-Canada

Rodrigue Landry est ancien directeur de l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Il y est toujours chercheur associé. Il croit avoir la réponse à sa question.

Le français s’apprend, mais l’anglais s’attrape, vulgarise-t-il.

En d’autres mots, un anglophone qui vit dans un milieu majoritaire a déjà les milieux familial et communautaire qui protègent sa langue en plus de l’école.

La recherche est très claire, plus on a été en immersion dans la langue française à l’école anglaise, meilleur est leur bilinguisme, explique M. Landry.

Pour un jeune francophone qui vit en milieu majoritairement anglophone, la situation est plus complexe.

Sa langue est très faible dans la communauté, donc il lui reste la famille et l’école pour assurer la langue française et balancer un peu les choses, dit l’expert.

Par contre, pour les francophones, le défi est plus nuancé. C’est-à-dire que même si on doit mettre l’accent plus dans la famille, sur le français, on sait que dans la réalité, par exemple j’ai choisi un jeune de Saint-Jean, bien la réalité c’est qu’au-delà de 80 % des francophones ont comme conjoint des anglophones. Donc ça, c’est la réalité de Saint-Jean. Et ensuite si on regarde, les médias pénètrent à l’intérieur des familles. À peu près 90 % n’écoutent que des médias en anglais. Donc tout ça, ça fait en sorte que le défi pour les francophones est grand aussi, précise le chercheur.

En éducation, M. Landry croit qu’il faudra arriver à trouver une façon optimale de scolariser les anglophones dans la langue de la minorité, le français.