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Les enfants ne font pas plus de fautes que les générations précédentes

La croisée, ICI Première.
Rattrapage du mardi 21 juin 2022

Les enfants ne font pas plus de fautes que les générations précédentes

Les jeunes d’aujourd’hui ne font pas plus de fautes que dans le passé

Un gros plan sur les mains d'une jeune fille qui tient un téléphone intelligent. Ses mains sont posées sur son pupitre d'école, par dessus un cahier ligné.
Les jeunes de l'ère numérique n'ont pas plus de mal à orthographier le français que ceux des générations précédentes, selon la linguiste France Martineau. PHOTO : iStock
La croisée, ICI Première.
La croiséePublié le 23 juin 2022

Les jeunes de l'ère des réseaux sociaux n'écrivent pas moins bien que leurs ancêtres qui communiquaient avec encre et papier, conclut la professeur de linguistique à l'Université d'Ottawa, France Martineau.

Elle a étudié des milliers de documents écrits au cours des derniers siècles en Nouvelle-France et en Amérique francophone. Son constat est qu’au 18e ou au 20e siècle, les erreurs d’orthographe sont tout aussi fréquentes.

Lorsqu’on regarde les usages dans les lettres familiales […], on se rend compte que le français qui est écrit à cette époque-là n’est pas si différent du point de vue de l’orthographe. Les erreurs sont en fait les mêmes, parce que l’orthographe française, elle est compliquée et c’est finalement, toujours les mêmes erreurs que l’on fait, que l’on reproduit, explique-t-elle.

Elle souligne qu’il peut y avoir une impression que le français écrit était plus sophistiqué dans le passé si on se base sur les écrits littéraires publiés à l’époque. Ces ouvrages avaient été révisés pour être présentés dans une orthographe normalisée.

Si on compare le même genre de communication quotidienne de gens qui ont le même niveau d’éducation à différentes époques, on se rend compte que le français n’est pas en perte de terrain, affirme-t-elle.

On parle parfois de détérioration du français, bien faut peut-être mettre un bémol là-dessus parce que la langue, elle a évolué, bien sûr, mais pas nécessairement d’un côté négatif, soutient-elle.

L’attention donnée à l’orthographe a également pris beaucoup d’importance avec le temps, précise France Martineau.

Au 19e siècle, on commence à considérer que l’orthographe, ça fait partie finalement des convenances sociales, que pour être quelqu’un de bien éduqué, il faut aussi savoir bien écrire et l’orthographe est aussi importante que de savoir tenir une fourchette, par exemple, explique-t-elle.

France Martineau souligne également que les différentes formes de français parlées dans le monde sont beaucoup plus semblables qu’on le laisse souvent entendre.

On parle souvent de distinctions importantes…mais pas tellement. Il y a beaucoup plus de ressemblances que de différences entre les français nord-américains entre eux, mais aussi le français nord-américain et le français européen, conclut-elle.