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Pourquoi les familles délaissent-elles l’école d’immersion?

La croisée, ICI Première.
Rattrapage du mardi 25 janvier 2022

Pourquoi les familles délaissent-elles l’école d’immersion?

Pourquoi les familles délaissent-elles les programmes d’immersion française?

De jeunes élèves en immersion française qui tiennent une pancarte.
Il y a souvent beaucoup d'enthousiasme au moment de commencer un programme d'immersion française, mais beaucoup d'élèves l'abandonnent avant d'avoir obtenu leur diplôme. PHOTO : Canadian Parents for French
La croisée, ICI Première.
La croiséePublié le 26 janvier 2022

Un groupe de chercheurs du Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta a lancé une étude pour déterminer ce qui pousse de nombreux élèves à commencer leur scolarité dans un programme d'immersion française, mais à le quitter en cours de route.

Laurent Cammarata, professeur en éducation au Campus Saint-Jean, affirme que malgré les décennies de recherche sur l'immersion française, on a encore peu de données et peu d'explications pour faire face au problème de la rétention des élèves dans les programmes d'immersion.

La grande problématique pour nous c'est que nous avons besoin de mieux comprendre ce qui motive les parents à inscrire les enfants dans les programmes et aussi ce qui les motive ou les force, les pousse à retirer leurs enfants ou peut-être même seulement penser à les retirer à certains momentsseulement penser à les retirer à certains moments, affirme-t-il.

Michael Tryon, directeur général de la branche albertaine de l'organisme Canadian Parents for French, a quelques pistes de réflexion tirées de conversations avec des familles.

Il pense qu'au niveau primaire certains parents ont des craintes par rapport à la progression de leur enfant.

On a des défis avec la littératie en anglais et les parents pensent que l'immersion française cause les problèmes, les défis avec l'anglais, dit-il.

Toujours selon Michael Tryson, la décision est souvent celle des jeunes une fois rendue au secondaire. Certains veulent, par exemple, suivre un différent programme axé sur les sports ou les arts, ce qu'il n'est pas possible de combiner avec l'immersion.

Laurent Cammarata explique aussi le choix de certains parents par un manque de ressources disponibles pour les élèves qui ont des besoins spéciaux. Selon lui, elles ne sont pas nécessairement les mêmes que celles disponibles dans les programmes anglophones. Les parents sont parfois déçus et décident d'aller chercher l'aide disponible pour leur enfant.

Il souligne par contre qu'un changement vers un programme anglophone ne va pas en soi régler des problèmes d'apprentissage.

Les enfants qui ont des problèmes d'apprentissage dans le contexte de l'immersion auront les mêmes problèmes d'apprentissage dans le contexte anglophone, prévient-il.

Michael Tryon met également en évidence le défi de nombreux parents qui ne parlent pas français, mais qui veulent aider leurs enfants à maîtriser la langue.

Une des meilleures choses (...) c'est de donner des opportunités à nos jeunes en dehors de l'école de pratiquer le français. Il y a beaucoup de programmation disponible dans tout le pays pour nos jeunes, virtuelle et en personne. (...) et aussi utiliser les ressources chez nous : Netflix disponible en français, Radio-Canada disponible en français, Disney, des spectacles disponibles en français, conseille-t-il.

Laurent Cammarata affirme qu'une des propositions qui semble se dégager des résultats préliminaires de l'étude est le besoin d'investir davantage pour fournir de l'information sur le fonctionnement d'un programme d'immersion aux parents, les attentes et l'évolution normale d'un enfant tout au long de son parcours scolaire.