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La formation Montney pourrait changer la donne

La croisée, ICI Première.
Rattrapage du mardi 23 novembre 2021

La formation Montney pourrait changer la donne

La formation Montney pourrait changer la donne dans le secteur de l'énergie

Puits orphelins en Colombie-Britannique.
Fort St. John, dans le nord-est de la Colombie-Britannique, repose sur la formation géologique de Montney, considérée comme l'une des plus grandes ressources de gaz de schiste au monde.PHOTO : Radio-Canada / Camille Vernet
La croisée, ICI Première.
La croiséePublié le 24 novembre 2021

La formation Montney, située à cheval entre la Colombie-Britannique et l'Alberta, devrait transformer le secteur de l'énergie et les discussions sur la lutte aux changements climatiques au Canada, croit Éric Pineault, membre de la Chaire de recherche de l'UQAM sur la transition écologique et de l'Institut des sciences de l'environnement.

La formation, qui couvre un immense territoire situé au nord-est de la Colombie-Britannique et au nord-ouest de l'Alberta, est l'une des plus grosses réserves de gaz naturel en Amérique du Nord.

Son exploitation devrait devenir très importante au cours des prochaines décennies et en faire l'une des principales sources de gaz naturel au Canada, selon le professeur au département de sociologie à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Les ressources de la région de Montney doivent être exploitées en utilisant la fracturation hydraulique. Cette technologie consiste à injecter un mélange de sable, d'eau et de produits chimiques pour fracturer la roche et pouvoir récupérer des hydrocarbures qui se trouvent dans des endroits difficiles d'accès et dont l'exploitation était jusqu'à tout récemment peu rentable.

Il ne s'agit pas de gaz de schiste, précise Éric Pineault, mais tout de même de gaz non conventionnel dont l'exploitation a un poids environnemental difficile à évaluer à l'heure actuelle.

Ce type d'exploitation requiert une grande quantité d'eau, donc a un impact sur les nappes phréatiques, souligne-t-il. Les entreprises commencent toutefois à réutiliser l'eau pour réduire l'impact environnemental, selon lui.

Le problème est d'estimer correctement les fuites de méthane qui vont se produire avec ce genre de technique d'exploitation, précise-t-il. Il est très difficile de le faire pour le moment ce qui rend impossible un calcul précis des émissions de GES du secteur.

Éric Pineault explique que le gouvernement fédéral estime encore que le gaz naturel fait partie des énergies de transition qui valent la peine d'être exploitées. Cette position ne correspond toutefois pas aux données scientifiques qui montrent que pour atteindre les objectifs de réduction des GES, il faudrait se détourner de l'exploitation gazière, affirme-t-il.

Avec le poids de plus en plus important que cette formation devrait prendre dans le secteur énergétique au Canada, la Colombie-Britannique, où se trouve la plus grande partie du gisement, pourrait bien devenir l'une des provinces ciblées par les environnementalistes et les groupes qui visent une réduction des gaz à effet de serre au pays. Ceci opérerait un changement important par rapport à l'image actuelle de la province en matière environnementale, remarque le chercheur.

Il précise toutefois que l'accès à cette grande formation se fait surtout à partir de l'Alberta pour le moment.