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La croisée, ICI Première.
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Rattrapage du mardi 22 juin 2021

Une Franco-Albertaine en quête de son identité métisse et francophone

Une jeune Franco-Albertaine en quête de son identité métisse et francophone

Publié le 23 juin 2021
Rebecca Lazarenko.
Rebecca Lazarenko, candidate au doctorat en histoire à l'Université York, renoue avec ses origines métisses. PHOTO : Rebecca Lazarenko

La Franco-Albertaine Rebecca Lazarenko a entrepris une profonde réflexion sur son identité francophone et métisse.

La jeune femme, candidate au doctorat en histoire à l'Université York, se décrit aujourd'hui comme franco-albertaine et métisse. Ce n'était pas le cas il y a encore quelques années, alors qu'elle se considérait avant tout anglophone avec des origines ukrainiennes, explique-t-elle.

Sa mère lui a fait « le cadeau » de l'inscrire dans un programme d'immersion française, raconte-t-elle. Elle a, par contre, eu du mal durant son enfance et son adolescence à se sentir véritablement membre de la communauté francophone en raison, entre autres, de son insécurité linguistique.

Ce n'est qu'une fois parvenue à l'université qu'elle a rencontré des gens qui avaient une identité similaire à la sienne et qu'elle a senti qu'elle avait une place au sein de la francophonie.

Rebecca Lazarenko sentait pourtant que quelque chose lui manquait.

Les origines métisses et cries de sa famille n'étaient pas cachées, mais n'étaient pas beaucoup discutées, explique-t-elle.

Elle a entrepris une démarche d'abord très personnelle pour en apprendre davantage sur la culture métisse. Elle raconte qu'il a été difficile de passer par-dessus l'idée fausse qu'elle n'avait pas droit de se réclamer métisse parce que sa famille avait été assimilée dans la culture anglophone.

« J'avais des croyances coloniales au sujet de qui je pouvais être et aussi de la culture. […] La pression d'être colonisée, assimilée et tous ces sentiments, c'était comme un poids sur mes épaules. Ça a pris beaucoup de force pour l'ignorer et pour dire : "Bien non, je suis capable de le faire et aussi je suis bienvenue." »

Elle a commencé depuis à participer à la vie culturelle métisse et apprend la langue crie. La jeune femme a longuement réfléchi à sa démarche et sent un profond attachement à la communauté métisse.

« Je suis là parce que j'avais vraiment un appel du fond de mon coeur. (...) C'est un choix à vie. Ce n'est pas juste pour un ou deux ans et ensuite je suis engagée à faire quelque chose d'autre. Je suis engagée juste comme je suis engagée dans la francophonie. »

Rebecca Lazarenko a entrepris des recherches pour sa thèse de doctorat sur les relations entre les francophones et les métis dans l'Ouest qui lui permettront de pousser sa réflexion encore plus loin. Elle espère que ses démarches pour concilier toutes les facettes de son identité pourront aider à créer des ponts entre des communautés qui ont parfois du mal à se rejoindre.

« Je vis dans trois mondes et je veux continuer dans les trois mondes. Et je veux essayer de trouver des moyens de rapprocher les trois mondes aussi. »