•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

Confronter les côtés sombres des personnages marquants de la francophonie

La croisée, ICI Première.
Rattrapage du mardi 1 juin 2021

Confronter les côtés sombres des personnages marquants de la francophonie

Confronter les côtés sombres des personnages marquants de la francophonie

Peinture murale de Legal représentant l'histoire des Oblats en Alberta.
Murale de Remie Genest et Lucie Tattamente qui représente Eugène de Mazenod, fondateur des Oblats, Mgr Vital Grandin, qui a servi dans le nord de l'Alberta, le père Albert Lacombe, qui a contribué au développement du chemin de fer dans l'Ouest canadien, et le frère Antoine Kowalczyk, qui a servi dans l'école résidentielle de garçons au collège Saint-Jean d'Edmonton.PHOTO : Radio-Canada / Geneviève Potvin
La croisée, ICI Première.
La croiséePublié le 2 juin 2021

Les francophones doivent reconnaître les torts causés par des personnages influents de leur passé, mais éviter de porter seuls le blâme pour les crimes commis dans le système des pensionnats autochtones, estime Denis Perreaux, directeur de la Société historique francophone de l'Alberta.

Depuis la découverte des dépouilles de 215 enfants sur le site d'un ancien pensionnat autochtone à Kamloops, les demandes se multiplient pour changer des noms de lieux publics albertains associés aux pensionnats autochtones.

Le maire de Calgary a appuyé, entre autres, les demandes de renommer les écoles nommées en l'honneur de l'évêque Vital-Justin Grandin et d'Hector-Louis Langevin.

Denis Perreaux se dit troublé de voir que ce sont surtout des francophones qui sont visés par les demandes de changements de noms en Alberta en ce moment.

Des figures anglophones comme Frank Oliver ou John A. Macdonald sont beaucoup moins remises en question, remarque Denis Perreaux.

« C'est une coïncidence qui commence à me préoccuper de plus en plus », dit-il.

Il croit que les intentions derrière la création des pensionnats autochtones doivent être évaluées dans le contexte de l'époque, mais que les effets désastreux qu'ils ont eus sont indéniables et doivent être reconnus.

Denis Perreaux croit que la communauté francophone ne devrait pas tout simplement retirer les symboles de sa présence dans l'histoire albertaine, mais plutôt réfléchir à la façon dont elle se présente devant l'ensemble des Albertains. La contribution de l'Église catholique a été importante pour défendre les droits linguistiques, mais compte ses zones d'ombre.

« On ne peut pas tout simplement reculer. Il faut qu’on puisse dire “Oui, il y a des mauvais aspects dans ce qu’on a promu dans le passé. Mais regardons d’autres façons de l’aborder. Je pense entre autres à la contribution économique des francophones, culturelle. Il y a tellement d’autres façons de se présenter que [l’aspect] religieux. »

Également, de nombreux Albertains ne sont pas chrétiens et l'histoire de l'Église n'est pas la leur, souligne-t-il.

Il estime que dénoncer un seul événement comme la découverte des corps des enfants à Kamloops n'est pas suffisant pour clore le chapitre douloureux des pensionnats autochtones. Il incite les Franco-Albertains à se renseigner (notamment sur le site du Centre national pour la vérité et la réconciliation), à évaluer leur rôle comme bénéficiaire du système de colonisation et de voir comment ils peuvent réparer leur apport à ce système.