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Chronique musique africaine  :  le benga et la nyatiti

La croisée, ICI Première.
Rattrapage du mercredi 17 novembre 2021

Chronique musique africaine  :  le benga et la nyatiti

Chronique musique africaine : benga et la nyatiti

Une illustration de chanteurs et musiciens.
Le style benga et l'instrument nyatiti font partie de la culture musicale du Kenya. PHOTO : Radio-Canada
La croisée, ICI Première.
La croiséePublié le 18 novembre 2021

Le chroniqueur Didier Gbetie nous amène au Kenya pour découvrir le style benga et l'instrument traditionnel la nyatiti.

Le mot benga signifie « quelque chose de beau », en luo, langue parlée par le groupe ethnique du même nom qu’on retrouve au Kenya et en Tanzanie. Le benga est né à la fin des années 1940 en tant que style rythmique incisif et tire ses racines de la musique cubaine et de la rumba congolaise.

Les pionniers du style utilisaient leur art pour enseigner l'histoire des peuples luo. Les premiers groupes musicaux de renommée internationale, quant à eux, ont émergé à partir de 1967.

Connu également sous le nom « kenyan twist », le benga parvient à unir diverses caractéristiques du passé musical du Kenya. Il a contribué à la cristallisation des traditions poétiques des communautés disparates du pays. Les paroles prônent les traditions et véhiculent de puissants messages poétiques aux côtés des lignes d’amour et de nostalgie plus insouciantes.

Le style était à l'origine essentiellement basé sur les guitares qui imitaient les mélodies jouées sur la lyre nyatiti, un instrument de musique traditionnel kenyan. À l'avènement de la guitare électrique, celle-ci s'est invitée dans l’évolution du benga, avec la batterie.

La guitariste et chanteuse Suzanne Owiyo, surnommée la Tracy Chapman de l'Afrique, fusionne entre autres les mélodies légendaires de la nyatiti avec le son de la musique moderne.

La nyatiti

La lyre nyatiti est issue de l'Égypte antique avant d'être adoptée par la civilisation des pharaons noirs de Nubie d'où proviennent les Luo. Devenue un instrument traditionnel du Kenya, la nyatiti mesure environ 90 cm de long. La table d’harmonie de l'instrument est une demi-calebasse recouverte de cuir d'où sont tendues cinq à huit cordes en tendons de grands herbivores. Aujourd'hui, les cordes sont en nylon, en plastique ou en fibre de sisal.

Une des artistes qui a fait connaître la nyatiti à l'échelle internationale est Eriko Mukoyama, une musicienne japonaise qui sort des sentiers battus.

Mukoyama prend contact une première fois avec la musique du Kenya, jouée par un groupe musical japonais, lors d'un concert de musique traditionnelle kényane à Tokyo en 2003. Séduite, elle se rend au Kenya pour y apprendre à jouer la nyatiti, chose qui n'a pas été facile, car cette lyre à huit cordes est traditionnellement jouée uniquement par les hommes.

Cela n'a guère émoussé les ardeurs de l'artiste qui en 2005 s’installe dans l’ouest du Kenya pour perfectionner sa maîtrise de l'instrument. Elle devient ainsi la première femme d'origine étrangère joueuse de nyatiti dans le monde, instrument qu'elle a dompté et qui lui donne à présent une certaine renommée internationale. Elle chante en luo, une langue qu'elle parle parfaitement bien, tout comme le swahili.

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