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La ville fantôme de Wayne et son célèbre saloon

La croisée, ICI Première.
Rattrapage du mercredi 2 juin 2021

La ville fantôme de Wayne et son célèbre saloon

La ville fantôme de Wayne et son célèbre saloon

Des édifices jaunes devant une falaise.
Le Last Chance Saloon et l'hôtel Rosedeer aux abords de la rivière Rosebud à Wayne, dans le sud de l'Alberta.PHOTO : Last Chance Saloon
La croisée, ICI Première.
La croiséePublié le 2 juin 2021

Le célèbre Last Chance Saloon de la communauté de Wayne, dans le sud de l'Alberta, est à vendre depuis le mois de mai. Cet établissement représente bien le mythe typique de l'Ouest canadien, explique l'historien Stéphane Guevremont.

Le hameau, maintenant presque inhabité, est situé à environ 14 kilomètres au sud-est de la ville de Drumheller. Pour y accéder, il faut passer par le village de Rosedale et ensuite, sur une distance de six kilomètres, traverser 11 ponts à voie simple au-dessus de la petite rivière Rosebud à travers un canyon de 150 mètres de profondeur.

Wayne était à l'origine une ville minière qui a vu le jour en 1912 avec l'ouverture de la mine Rose-Deer. À l'époque, il y avait plus de 2000 habitants, deux écoles, un hôpital, des magasins, un hôtel et un saloon renommé pour ses bagarres violentes.

La Grande Dépression a durement frappé les 139 mines de la vallée de Drumheller. La population de Wayne est tombée à seulement 300 habitants durant la Seconde Guerre mondiale et toutes ses mines ont cessé leur production dans les années 1950.

De son côté, le saloon de Wayne a été inauguré en 1913 juste à côté de l'hôtel Rosedeer. L’établissement doit son nom au fait qu’il était le seul bar des alentours.

Pendant la belle époque du saloon et des mines de charbon à Wayne, on y servait 250 hommes par jour et environ 60 clients couchaient dans les chambres de l'hôtel.

À l’intérieur, on peut y voir des balles de pistolet encore incrustées dans le mur au-dessus du piano datant de 1927, des objets éclectiques provenant d’un peu partout et une ambiance de la frontière de l'Ouest canadien du 19e siècle.

Jusqu'aux années 1970, les bars albertains n'avaient pas le droit de faire jouer de la musique ou de permettre la danse dans leurs établissements. Le piano était donc monté sur roues et si quelqu'un apercevait une automobile étrangère qui arrivait en ville, on se dépêchait de le rouler dans le hall d'entrée de l'hôtel pour éviter des ennuis légaux!

Fait surprenant, la région de Drumheller a été un des berceaux du communisme en Alberta. L'ancêtre du Parti communiste du Canada, la One Big Union, a été créé à Calgary en mars 1919. Une grève générale d'un mois à travers la province avait alors été déclarée et touchait surtout les mines de charbon.

Dans la région de Drumheller, les troubles sont devenus graves durant quatre mois, de mai à août 1919, où on a mis œuvre un détachement de 200 briseurs de grève.

Également, les collines de la petite ville de Wayne ont vu des croix brûlées par le chapitre albertain du Klu Klux Klan. L’organisation s’en prenait notamment aux catholiques, aux Juifs et aux francophones de la province.

En 1970, la population de Wayne a atteint son niveau le plus bas avec seulement 15 personnes, la plupart étant des retraités. Toutefois, 28 habitants forment toujours un noyau déterminé à y vivre en 2021.