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La rumba congolaise et Papa Wemba

La croisée, ICI Première.
Rattrapage du mercredi 12 août 2020

La rumba congolaise et Papa Wemba

La rumba congolaise et Papa Wemba

La rumba congolaise.
Le chroniqueur Didier Gbetie nous fait découvrir la rumba congolaise. PHOTO : Radio-Canada
La croisée, ICI Première.
La croiséePublié le 17 août 2020

La rumba congolaise est à l'étude à l'UNESCO pour son inscription au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Le chroniquer Didier Gbetie nous raconte la riche histoire de ce style musical qui a évolué au fil des siècles.

Voici un résumé de sa chronique.

Les origines de la rumba congolaise remontent à la douloureuse époque du commerce triangulaire entre l'Afrique, l'Europe et l'Amérique afin d'amener des esclaves noirs sur le continent américain.

À leur arrivée à Cuba, les Africains ont apporté leur langue et leur richesse culturelle, entre autres la danse « Nkoumba », qui veut dire « nombril » en mbati et en moukongo. Il s'agit d'une danse sensuelle, folklorique, permettant à un couple de danseurs de se produire nombril contre nombril. Cette danse se retrouve chez les Bakongo, groupe ethnique au sud du Congo démocratique et du Congo Brazzaville, en Angola et chez le peuple mbati de Centrafrique.

C’est le colonisateur espagnol qui supprime l’africanité de cette expression culturelle populaire en la baptisant « rumba » pour se l’approprier.

Dans les années 40 et 50, les Africains se sont réapproprié la rumba qui a longtemps été chez les Noirs, à Cuba, un moyen de dénonciation des injustices dont ils faisaient l’objet. Le lingala, langue bantou des deux Congos, supplante l’espagnol de la rumba cubaine et le français de la bourgeoisie du Congo pour donner naissance à sa version congolaise.

Héritage commun du Congo Brazzaville et de la République démocratique du Congo, la rumba congolaise connaît sa maturité après l'indépendances des pays africains dans les années 1960. Les pères fondateurs sont entre autres les artistes Papa Noël, Tabu Ley Rochereau et Paul Kamba.

Le regretté King Kester Emeneya, célèbre artiste africain des années 1980 à 1990, a rompu avec le style folklorique incarné par Zaïko Langa Langa en introduisant le synthétiseur et la programmation musicale assistée par ordinateur dans la musique congolaise.

Chemin faisant, le style ne cesse de créer des dérivations. Un exemple est le soukous quatrième génération de la rumba, une exécution instrumentale avec une prestation improvisée de guitare créée par l'orchestre Sinza de Brazzaville. S’en suit le ndombolo cinquième génération de la rumba, une danse congolaise et un rythme musical rapide, créé à la fin des années 1990 et au début 2000, très populaire auprès des jeunes.

Papa Wemba

Le « roi de la rumba congolaise » est le célèbre Papa Wemba, fondateur du groupe « Viva la Musica » qu’il a géré de 1977 jusqu’à sa mort et qui a propulsé le style au-devant de la scène internationale.

Le tchatcho est un style adopté par beaucoup d’artistes congolais à partir des années 1990 et qui est développé par Koffi Olomidé qui s’est fait remarquer par Papa Wemba en 1977. Ce dernier lui a donné sa chance avec son groupe. Auteur-compositeur-interprète, chanteur et producteur, l’incontournable Koffi Olomidé, qui se distingue par son style romantique, est une légende de la musique africaine. Il est le roi du tchatcho, dit le Grand Mopao, et est devenu en quelque sorte le « pape » de la rumba congolaise depuis la disparution de Papa Wemba.