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Mythes et réalités sur l'apprentissage

Un adolescent, qui écoute de la musique, fait ses devoirs en ligne.
Il existe plusieurs idées préconçues au sujet de l'apprentissage.PHOTO : iStock
L'heure de pointe Acadie, ICI Première.
L'heure de pointe - AcadiePublié le 10 mars 2021

Quels sont les meilleurs moyens d'apprendre efficacement? Arrêtons-nous d'apprendre en vieillissant? De nombreuses questions circulent au sujet de cette capacité qui accompagne l'apprenant dès la naissance. Le professeur associé à l'école de psychologie de l'Université de Moncton, Jimmy Bourque, répond à certains mythes et réalités sur l'apprentissage.

Mythe 1 : visuelle ou auditive, tout le monde à sa façon d’apprendre

Dans cette affirmation, le professeur y reconnaît du vrai et du faux. Il est vrai que différents types d’information vont être traités par différentes régions du cerveau. Dans ces cas-ci, Jimmy Bourque explique que les apprenants ont des habiletés et des préférences d’apprentissage.

Jimmy Bourque

Jimmy Bourque est professeur associé à l'école de psychologie de l'Université de Moncton.

Radio-Canada

La fausseté de l’affirmation se trouve plutôt dans la notion que pour mieux apprendre, il faut recevoir l’information dans le style d’apprentissage qui nous convient le mieux.

« Les recherches empiriques qu’on a faites en salle de classe démontrent que les enfants peuvent facilement identifier leur style préféré, mais que même quand on les approche avec ce style-là, ils ne vont pas avoir de meilleurs résultats. »

—  Jimmy Bourque, professeur

Il y a des gens qui sont plus à l’aise, qui préfèrent avoir un stimulus visuel, d’autres kinésthésique, etc., explique Jimmy Bourque. Au bout du compte, les résultats scolaires sont les mêmes, peu importe si on adapte ou non notre enseignement à ces supposés styles d’apprentissages, ajoute-t-il.

Mythe 2 : plus on vieillit, plus c’est difficile d’apprendre

Jimmy Bourque souligne qu’avec l’âge, l’apprentissage se fait plus difficilement, mais il précise que l’apprentissage n’est pas impossible. Il évoque la démence et la maladie d’Alzheimer comme des raisons pathologiques pouvant ralentir l’apprentissage. Les fonctions cognitives sont directement atteintes et l’apprentissage va être beaucoup plus difficile, explique le professeur.

« Mais même sans ça, même juste le vieillissement normal va faire en sorte que ce qui cause l’apprentissage c’est-à-dire le nombre et la durée des connexions neuronales va diminuer. »

—  Jimmy Bourque, professeur

Ça ne veut pas dire que je ne peux plus apprendre, ça veut dire que pour le même apprentissage, je vais devoir y consacrer plus de temps, plus de répétitions pour créer la connexion neuronale qui va constituer un apprentissage et cette connexion-là risque d’être moins permanente, de durer moins longtemps que lorsque j’étais plus jeune.

Un couple de personnes âgées marchant dans un sentier enneigé.

En vieillissant, l'apprentissage demande plus d'efforts, mais ne disparaît pas.

iStock / Obencem

Le professeur rappelle qu’il est important d’entraîner son cerveau avec l’âge. C’est un peu comme un autre muscle, si on le néglige, il s’atrophie plus rapidement.

Mythe 3 : nous apprenons davantage en nous bourrant le crâne avant un examen

La vérité en décevra certains, car cette affirmation est effectivement un mythe. C’est absolument faux, répond Jimmy Bourque, qui décrit le bourrage de crâne comme un apprentissage superficiel et à court terme.

Ce qu’il faut comprendre c’est qu’on a une capacité cognitive et une fois qu’on excède cette capacité cognitive dans une certaine période de temps, le reste ne va pas être appris. Ça ne va pas constituer un apprentissage.

Une étudiante se prépare à passer un examen.

Le bourrage de crâne avant un examen est un apprentissage à court terme.

iStock

Il admet que cette méthode peut stimuler la mémoire et que les jeunes qui l’utilisent peuvent permettre d’apprendre quelque chose à la dernière minute.

« Ce sont des apprentissages, il faut comprendre, qui sont ni en profondeurs, ni durables. »

—  Jimmy Bourque, professeur

La clé du succès?

La répétition et une bonne nuit de sommeil, c’est ce que conseille le professeur. Pour faire des apprentissages durables, la répétition, la pratique, c’est excellent. Faites vos travaux à mesure et la veille de l’examen, assurez-vous de bien dormir. Le sommeil est extrêmement important.

Mythe 4 :  la créativité ne s’apprend pas

Ce qui est vrai de cette affirmation là, si on essaie d’enseigner la créativité comme une autre matière scolaire dans le même contexte, ça ne va pas très bien fonctionner.

« Ce n’est pas vrai que la créativité ne s’apprend pas. Il est possible de développer sa créativité, mais le contexte doit y être propice. »

—  Jimmy Bourque, professeur

Et quel est le meilleur contexte pour apprendre la créativité? Loin de la salle de classe typique, selon le professeur. Il va falloir une approche qui intègre par exemple des stimulus artistiques qui vont être axés sur les émotions et surtout, où il n’y a pas d’accent mis sur la quantité, la vitesse, la performance, souligne Jimmy Bourque. Il faut qu’il y ait une espèce d’absence de critiques pour me permettre de formuler des idées sans avoir peur de me faire dire que mon idée est niaiseuse, précise-t-il.

Mythe 5 : nous n’utilisons que 10 % de la capacité de notre cerveau

C’est faux. Le cerveau, c’est 3 % de la masse corporelle, ça consomme 20 % de l’énergie. Alors pourquoi un organisme aurait évolué un tel organe, dont 90 % de la consommation d’énergie ne sert à rien?, questionne-t-il.

Ce mythe apparaît alors que des scientifiques tentent de stimuler des régions du cerveau à l’électricité. On se rendait compte qu’il y a peut-être une grande partie du cerveau qui ne semble pas répondre à cette stimulation-là. Jimmy Bourque explique cela par la limite les instruments qui étaient utilisés à l’époque.

Dix pour cent du cerveau est composé de neurones, qui sont derrière l’apprentissage. Le reste de l’organe est composé lui de cellules gliales. Maintenant, on sait que ces cellules gliales ont comme rôle de produire la myéline qui va protéger les neurones. Ils [cellules gliales] vont protéger aussi le système nerveux central, etc. Ces cellules-là ont des rôles, sont utilisées constamment. Même que notre cerveau fonctionne quand on dort dans son entier, affirme le professeur.

On utilise effectivement 100 % de notre cerveau, c’est juste que les différentes parties du cerveau servent à différentes choses et ce ne sont pas toutes les parties qui peuvent être facilement observées par le type d’instrumentation qu’on a utilisé il y a des décennies qui ne visaient que les courants électriques.

Avec les informations d'Amélie Gosselin