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L'heure de pointe Acadie, ICI Première.

Quatre mythes sur le gras

Publié le 19 janvier 2021
Les bons gras au coeur de la diète méditerranéenne
Les bons gras au coeur de la diète méditerranéennePHOTO : iStock

Éviter les mauvais gras, c'est difficile de s'y retrouver parmi les nombreuses tendances alimentaires et les nouvelles diètes. La nutritionniste et professeure à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, la Dre Marie-Josée LeBlanc, déboulonne quatre mythes sur le gras.

Mythe 1 : l’huile de noix de coco est la meilleure

Il faut toujours se méfier des déclarations : c’est la meilleure, c’est miraculeux. Parce que c’est rarement le cas, il faut nuancer tout ça, affirme Dre Marie-Josée LeBlanc.

Elle explique que le goût de l’huile de noix de coco est intéressant, agréable et sa tolérance à la chaleur peut être attirante pour faire frire certains aliments. Mais en ce qui concerne sa teneur en gras saturé, cette huile n’est pas la meilleure.

Un pot d'huile de noix de coco et une petite tasse à mesurer en métal.

L'huile de noix de coco

Radio-Canada / Colombe Fortin

« L’huile de noix de coco quand on la compare à une autre huile qui est très riche en gras saturé comme l’huile de palme, c’est une bonne huile. Mais si on la compare à l’huile d’olive ou l’huile de canola, on voit à ce moment-là que l’huile de noix de coco ce n’est pas le meilleur choix. »

—  Dre Marie-Josée LeBlanc, nutritionniste et professeure

La nutritionniste et professeure conseille de garder son contenant d’huile de noix de coco, de l’utiliser à l’occasion et d’avoir, dans son garde-manger, d’autres huiles qui ont d’autres propriétés très intéressantes, comme l’huile d’olive et l’huile de canola.

Mythe 2 : les aliments riches en matière grasse sont tous mauvais pour la santé

C’est un peu simpliste de dire ça, répond la Dre Marie-Josée LeBlanc. Dans la grande famille des gras, il y a des gras qui sont plus bénéfiques que d’autres, plus intéressants que d’autres, ajoute-t-elle.

La Dre Marie-Josée LeBlanc.

La nutritionniste et professeure à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, la Dre Marie-Josée LeBlanc.

Gracieuseté/Dre Marie-Josée LeBlanc

« On ne peut pas mettre tous les gras dans le même panier. »

—  Dre Marie-Josée LeBlanc, nutritionniste et professeure

Elle donne l’exemple des noix qui sont à la fois riches en matière grasse et bons pour la santé, tout comme l’huile d’olive. L’huile d’olive est constituée de 100% de gras, mais pourtant l’huile d’olive on sait très bien aujourd’hui que c’est une huile très bonne à utiliser et à consommer.

Mythe 3 : les gras trans et saturés sont nocifs et devraient être évités

Il y a une partie de vérité là-dedans et il y a une partie qui est à nuancer, souligne la nutritionniste et professeure.

Les acides gras trans ne sont pas naturellement présents dans les aliments, comme l’explique la Dre Marie-Josée LeBlanc.

Dans les années 1950, 1960 on a commencé à prendre des huiles végétales et à les hydrogéner, c’est-à-dire à les bombarder d’atomes d’hydrogène et là on obtenait des graisses végétales, on peut penser au shortening. Ces acides gras trans-là, ils ne sont pas bons pour la santé, surtout pour votre système cardiovasculaire et eux, ils sont à éviter à tout prix.

Depuis 2018, l’utilisation des gras trans est bannie au Canada et les huiles partiellement hydrogénées figurent sur la Liste des contaminants et des autres substances adultérantes dans les aliments de Santé Canada.

Santé Canada souligne que les gras trans font augmenter le taux sanguin de «mauvais» cholestérol, tout en abaissant le taux de «bon» cholestérol – ce qui accroît les risques de maladie du cœur.

Santé Canada souligne que les gras trans font augmenter le taux sanguin de « mauvais » cholestérol, tout en abaissant le taux de « bon » cholestérol – ce qui accroît les risques de maladie du cœur.

iStock

Contrairement aux gras trans, les gras saturés sont présents naturellement dans les aliments.

« Ça dépend de la source des acides gras saturés et je vous dirais que de façon générale lorsqu’on a une diète équilibrée, qu’on mange plein d’aliments variés, on a moins besoin de se soucier de ça. »

—  Dre Marie-Josée LeBlanc, nutritionniste et professeure

La Dre Marie-Josée LeBlanc affirme que les gras saturés présents dans les produits laitiers, comme les fromages, le lait et les yogourts, ne sont pas problématiques, surtout chez les gens qui n’ont pas nécessairement de problèmes de santé associés à ces gras-là.

Par contre, les gras saturés dans les viandes rouges, là il y aurait un peu plus d’effets nocifs, précise-t-elle toutefois.

Mythe 4 : il est préférable de prendre la version faible en gras d’un produit

C’est en grande partie faux parce que lorsque le fabricant met de l’avant que le produit est faible en gras, c’est qu’il a enlevé une partie du gras de l’aliment ou du mets, mais il a dû, souvent, le remplacer par autre chose.

« Quand on met trop de l’avant un produit faible en gras, il faut se méfier. »

—  Dre Marie-Josée LeBlanc, nutritionniste et professeure

Les vinaigrettes, par exemple, sont faites à base d’huile et de vinaigre. Pour être fidèles à la texture et au goût, les vinaigrettes faibles en gras doivent remplacé la matière grasse qui a été enlevée. On a enlevé le gras, mais on a remplacer ça par du sucre et par des additifs alimentaires parce que sinon, ce n’est plus une vinaigrette, explique la Dre Marie-Josée LeBlanc.

Avec les informations d’Amélie Gosselin
Un texte d’Emmanuelle Robinson