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Cinq mythes sur la dépression saisonnière

Une photo montrant un homme assis à une table en bois sur laquelle est posée une lampe de luminothérapie.
La luminothérapie est un moyen efficace de combattre la dépression saisonnière, à condition de respecter certaines directives.PHOTO : iStock
L'heure de pointe Acadie, ICI Première.
L'heure de pointe - AcadiePublié le 10 novembre 2020

Pour ceux et celles souffrant de dépression saisonnière, l'arrivée des journées plus courtes et plus froides est une période difficile. Même si 15% des gens peuvent ressentir des symptômes légers de dépression saisonnière, ce trouble est encore mal compris. Le psychologue clinicien, Richard Bérubé, a répondu à quelques mythes au sujet de la dépression saisonnière.

Mythe 1 : la dépression saisonnière est un mythe

Cette affirmation est fausse, soulève le psychologue. La dépression saisonnière ou le trouble affectif saisonnier existe bel et bien.

Richard Bérubé explique que la dépression saisonnière est une dépression de type saisonnier, c’est-à-dire qu’elle revient à certaines périodes de l’année. Pour certains, elle débute à l’automne alors que pour d’autres, les symptômes font leur apparition pendant l’hiver. Dans les mois de septembre jusqu’à avril, c’est particulier à ce trouble-là, précise-t-il.

« Selon les données épidémiologiques, on parle de 2 à 3% des gens qui vont souffrir de ce trouble dépressif. Dans d’autres situations, un petit peu plus d’ordre léger, on parle de 10 à 15% des gens qui vont vivre ce genre de symptômes là. »

— Une citation de  Richard Bérubé, psychologue clinicien

Mythe 2 : la dépression saisonnière, c’est simplement de la tristesse

Tout comme la dépression, la dépression saisonnière est accompagnée de nombreux symptômes, tels que la perte d’énergie et de plaisir, et une humeur triste. Ça peut aller jusqu’à des idées suicidaires, ajoute le psychologue, Richard Bérubé.

Le psychologue note deux symptômes, caractéristiques de la dépression saisonnière : l’hypersomnie et l’hyperphagie. L’hypersomnie signifie lorsqu’une personne souffrant de dépression saisonnière dort beaucoup beaucoup, comme le décrit Richard Bérubé. On parle aussi d’hyperphagie où on mange beaucoup. On a comme un besoin fort d’avoir des carbohydrates. Il y a comme vraiment un besoin d’avoir ce genre de nourriture là. Ce qu’on remarque aussi, c’est que les gens vont avoir aussi un gain de poids comme symptôme.

Ce besoin de manger plus de glucides ne vient pas d’un désir de trouver du réconfort.
C’est plus relié au médiateur chimique du cerveau surtout au niveau de la sérotonine qui est un neurotransmetteur qui aide à régulariser le sommeil et aussi l’appétit ainsi que l’humeur.

« On pense que c’est peut-être dû au fait qu’il y a un manque de sérotonine durant cette période de l’année pour ces gens-là. L’appétit est moins bien régularisé d’où le besoin d’avoir ce genre d’aliments là. »

— Une citation de  Richard Bérubé, psychologue clinicien

Mythe 3 : la dépression saisonnière ne touche que les femmes

Une femme regarde par une fenêtre.

Selon certaines études, la dépression saisonnière toucherait près de 70% des femmes.

iStock

C’est faux, sauf que selon les études, les femmes sont beaucoup plus touchées par ce trouble, affirme le psychologue.

« Dans certaines études, on parle de 70% des femmes. Dans d’autres études, on parle d’un ratio de deux femmes pour un homme qui vont être atteintes de ce trouble-là. »

— Une citation de  Richard Bérubé, psychologue clinicien

Et qu'est-ce qui explique cette différence entre les femmes et les hommes? Richard Bérubé mentionne que certaines études ont démontré que la différence se voit dans les gènes des femmes. Les réponses au trouble sont peut-être moins présentes chez les femmes que chez les hommes.

La dépression saisonnière toucherait davantage les gens de 20 ans et plus. Richard Bérubé explique que les études démontrent que les symptômes de ce trouble dépressif diminuent avec l’âge. Après la soixantaine, les gens étaient beaucoup moins affectés. Il y avait une baisse drastique des symptômes à mesure qu’ils vieillissaient, explique le psychologue.

Mythe 4 : on peut s’autotraiter avec la lumière

La luminothérapie ou la photothérapie peut être assez bénéfique pour les gens ayant des symptômes modérés. Le psychologue précise qu’il y a des règles à suivre pour toucher au succès d’un tel traitement. Richard Bérubé recommande une lampe capable de fournir une luminosité de 2500 à 10 000 lux. Si on a moins de 10 000 lux, la durée d’exposition demande à être plus grande. Par exemple, pour 2500 lux, on demande aux gens de s’exposer environ une heure, deux heures, qui des fois n’est pas nécessairement pratique dans leur routine.

« Ce qui est favorisé c’est 10 000 lux avec un niveau d’exposition de 30 minutes. Ça va apporter des bénéfices assez importants. »

— Une citation de  Richard Bérubé, psychologue clinicien

Ça va venir balancer le niveau de sérotonine, qui va mieux régulariser les humeurs, l’appétit, le sommeil, d’autant plus qu’énergiser, ajoute-t-il.

Mythe 5 : on a juste à sortir dehors et s’occuper de soi pour se sortir de la dépression saisonnière

Le psychologue clinicien affirme que cette affirmation est fausse, mais reconnaît que passer du temps à l’extérieur est bénéfique. Prendre des marches à l’extérieur, faire de l’activité physique, on sait que c’est quand même de bonnes habitudes de vie qu’on peut instaurer même si on ne souffre pas de la dépression saisonnière.

Vue de dos d'une personne qui marche dans un sentier libéré de la neige dans le parc Victoria à Sherbrooke

Passer du temps à l'extérieur, même pendant l'hiver, pourrait venir soulager certains symptômes de dépression saisonnière.

Radio-Canada / ICI Estrie/Carl Marchand

« Ce sont peut-être plus des compléments qui font partie du traitement que le traitement en soi. »

— Une citation de  Richard Bérubé, psychologue clinicien

Il mentionne que les cas plus sévères de dépression saisonnière nécessitent l’aide d’antidépresseurs, si la luminothérapie répond moins bien.

Avec les informations d’Amélie Gosselin