•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

Cinq mythes sur la consommation de cannabis

Un homme consomme du cannabis
Un homme consomme du cannabis PHOTO : iStock
L'heure de pointe Acadie, ICI Première.
L'heure de pointe - AcadiePublié le 20 octobre 2020

Le 17 octobre 2018, le cannabis devenait légal au Canada. De nombreux mythes sur le sujet, présents bien avant la légalisation, demeurent. Le professeur de biologie à l'Université de Moncton, Étienne Hébert Chatelain, fait la lumière sur cinq mythes courants.

Mythe 1 : le cannabis d’aujourd’hui est plus fort que celui des années 1970

Cette affirmation n’est pas un mythe, selon le professeur. Il rappelle des études qui ont mené à la conclusion qu’effectivement il y a une augmentation en teneur de THC, donc la substance qui donne le buzz, la substance psychotrope.

« Oui, on peut dire que la teneur en THC, le pot, semble plus fort aujourd’hui que dans les années 1970, les années 1980. »

—  Étienne Hébert Chatelain, professeur de biologie, Université de Moncton
Étienne Hébert Chatelain

Étienne Hébert Chatelain est professeur de biologie à l'Université de Moncton et titulaire de recherche du Canada en physiologie mitochondriale.

Gracieuseté/Étienne Hébert Chatelain

Étienne Hébert Chatelain explique que des études ont comparé des échantillons de cannabis saisis par les policiers durant les années 1970 et  1980. Il explique que dans ces années le taux de THC présent dans le cannabis était de 2 ou 3%. Jusqu’à la fin des années 2010, de 2015 en montant, on est plus à des moyennes qui tournent autour de 12 à 15 % de THC, compare-t-il.

Il avoue que puisque les échantillons sont des saisies de cannabis illégal il n’est pas nécessairement un échantillonnage totalement représentatif. Mais, selon lui, ces données donnent une bonne idée de ce qui était disponible dans le marché à l’époque.

Mythe 2 : il est impossible de développer une dépendance au cannabis

Étienne Hébert Chatelain affirme qu’il est faux et il explique que près de 10% des consommateurs de cannabis pourraient développer une addiction, dont une dépendance au cannabis.

« Cette addiction-là pourrait souvent être plus vue comme une dépendance psychologique plus qu’une dépense physique. »

—  Étienne Hébert Chatelain, professeur de biologie, Université de Moncton

Mythe 3 : le cannabis brûle les cellules du cerveau

La consommation de cannabis ne brûle pas les cellules du cerveau, confirme le professeur de biologie.

« Ça ne brûlera pas les cellules, mais ça va modifier, ça va changer les processus qui se déroulent en tout temps dans le corps humain. C’est pour ça qu’on va se sentir bizarre éventuellement. »

—  Étienne Hébert Chatelain, professeur de biologie, Université de Moncton
Une feuille de cannabis en gros plan avec en arrière-plan des plants de cannabis dans des pots.

Le cannabis est légal au Canada depuis le 17 octobre 2018.

Radio-Canada / Mélanie Morin

Étienne Hébert Chatelain avance que le THC du cannabis allume des récepteurs à la surface de nos neurones, qui se transmet en effets psychotropes, un buzz.

Ces récepteurs-là n’ont pas été inventés par la vie avec un grand V majuscule pour permettre aux gens de profiter d’un vendredi soir relax avec des amis en consommant du cannabis, mais plutôt parce que nos propres cellules produisent des cannabinoïdes, donc des substances apparentées au THC, mais qui sont produits directement à l’intérieur de nos cellules.

Les endocannabinoïdes produits par le corps contrôlent une panoplie de processus importants pour le fonctionnement du corps humain, ajoute le professeur. Ils contrôlent entre autres, l’appétit, le métabolisme de plusieurs organes, les émotions et le comportement sexuel.

Si la consommation de cannabis brûlait des cellules, ça voudrait dire que chaque fois qu’on utilise notre système endocannabinoïdes, on aurait des cellules qui brûleraient instantanément, conclut Étienne Hébert Chatelain.

Mythe 4 : on peut conduire sans danger sous l’effet du cannabis

C’est faux!, affirme le professeur. Il y a plein de tests qui ont été faits pour mesurer les habiletés à conduire de gens sous l’influence de l’alcool, sous l’influence du cannabis, sous l’influence de rien évidemment et sous l’influence des deux, et ces tests-là montrent tous que la consommation de cannabis, le fait d’être gelé, ça diminue nos capacités de conduite, précise Étienne Hébert Chatelain.

Un jeune homme conduit une voiture en fumant son joint de cannabis.

Selon une étude de CAA Québec, un jeune Canadien (18-24 ans) sur 5 (20%) aurait déjà conduit sous l'influence du cannabis ou été dans un véhicule conduit par une personne intoxiquée.

iStock

Mythe 5 : il est impossible de faire une surdose de cannabis

Étienne Hébert Chatelain affirme qu’aucun cas documenté ne démontre qu’il y a eu des décès reliés à la surdose de cannabis. Il souligne par contre que la consommation de substances multiples, comme le cannabis, l’alcool et d’autres drogues, peut entraîner des surdoses.

« Pas d’overdose dans le sens qui va amener une mort clinique, mais oui, on peut en prendre trop et se sentir très très mal. »

—  Étienne Hébert Chatelain, professeur de biologie, Université de Moncton

En comparant le cannabis à des opioïdes, le professeur explique que ces formes de drogues dures vont aller activer d’autres récepteurs qui vont contrôler le fonctionnement de certains neurones. L’héroïne ou la cocaïne, par exemple, peuvent diminuer, voire complètement arrêter l’activité de certains neurones qui sont impliquées dans le contrôle de la respiration et du battement cardiaque, précise-t-il. Si ces neurones-là ne fonctionnent plus, ben là, on va arrêter de respirer, le coeur va arrêter de battre, donc ça peut amener à la mort.

Il explique que cette réaction n’est pas liée à la consommation de cannabis. Ces régions du cerveau, ces neurones-là, ne possèdent pas des récepteurs qui peuvent être allumés par le THC.

Avec les informations d’Amélie Gosselin