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Vos expressions acadiennes décortiquées par une linguiste

L'heure de pointe Acadie, ICI Première.
Rattrapage du lundi 17 août 2020

Vos expressions acadiennes décortiquées par une linguiste

L'histoire derrière vos expressions acadiennes préférées

Karine Gauvin assise devant un micro dans un studio de radio.
La professeure de linguistique au département d'études françaises de l'Université de Moncton, Karine Gauvin.PHOTO : Radio-Canada / André Maillet
L'heure de pointe Acadie, ICI Première.
L'heure de pointe - AcadiePublié le 18 août 2020

Boloxer, zire et picasse : le français acadien est coloré et unique. La professeure de linguistique au département d'études françaises à l'Université de Moncton, Karine Gauvin, décortique l'histoire et la signification d'expressions acadiennes qui résonnent encore aujourd'hui.

Les origines du français acadien remontent à la France, au moment de la colonisation. Ce qui est intéressant dans les mouvements de colonisation des Acadiens c’est que c’est surtout des familles déjà constituées qui sont venues ici. Ces gens-là avaient évidemment leur façon de parler, leur façon de dire et donc, ils ont amené ça ici à partir du 17ième siècle, précise Karine Gauvin.

Dans certains cas, comme les mots zire et picasse, leur origine ne vient pas techniquement du français, comme l’explique la professeure. C’est des langues qui ont plutôt existé en France anciennement et qui ont généré leurs propres dialectes. Il y a eu des contacts si on veut entre le français et ces dialectes-là, ajoute-t-elle.

« Ces mots-là sont passés dans le français acadien à partir des particularités régionales de la France. Dans le cas du français acadien évidemment, c’est surtout le Nord-Ouest. Poitou-Charentes, cette région-là. »

— Une citation de  Karine Gauvin, professeure de linguistique

Bien que certains mots soient toujours utilisés aujourd’hui, surtout en région et par les personnes âgées, ils pourraient éventuellement disparaître de notre vocabulaire, selon Karine Gauvin. C’est un phénomène qui s’en va, qui devient progressivement moribond, c’est-à-dire qu’on en trouve de moins en moins aujourd’hui. C’est appelé à disparaître parce que veut veut pas, on vit dans la modernité.

Zire

Le mot zire signifie quelque chose ou quelqu’un qui est dégoûtant. Quelque chose qui fait zire, c’est quelque chose de dégueulasse, quelque chose qu’on n’aime pas trop. Les jeunes d’aujourd’hui diraient que c’est gross.

Un élément particulier de ce mot, comme le souligne Karine Gauvin, est le fait qu’il peut être utilisé dans le sens contraire. C’est-à-dire qu’on dirait d’un bel homme qu’il ne fait pas zire.

« Ce n’est pas un mot qu’on va retrouver sur le territoire québécois du tout. Il est très Acadien. »

— Une citation de  Karine Gauvin, professeure de linguistique

Boloxer

Ça vient de l’anglais To bollix, qui veut dire déranger qui a à peu près le même sens. Boloxer ce n’est pas tout à fait comme ça que le disent les anglophones, mais le sens est le même ici, affirme Karine Gauvin.

Picasse

Karine Gauvin souligne que techniquement, picasse désigne une ancre qui tient un navire en place. En Acadie, picasse signifie quelqu’un de mauvaise humeur. La professeure de linguistique affirme que ce mot est commun surtout dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

Avec les informations d’Anne-Marie Parenteau