Une activité assez unique a vu le jour ces derniers temps à Moncton. Des cours de danse pour les parents et leurs bébés sont maintenant offerts avec l'artiste et professeure Lou Poirier. Anne-Marie Parenteau en a discuté avec elle ainsi qu'avec trois mamans qui participent avec leurs petits de moins de douze mois.
À travers les cours MOMent Danse à l'école DansEncorps de Moncton, la danseuse et professeure Lou Poirier tend à favoriser le développement de la relation parent-enfant. Selon de récentes recherches, le mouvement renforcerait les liens affectifs entre les parents et leur bébé, et améliorerait la qualité de vie familiale.
Lou Poirier a suivi une formation auprès d'une artiste et danseuse montréalaise, Eryn Dace Trudell, qui travaille dans ce domaine depuis 15 ans avec sa compagnie Mama Dances. Eryn Dace Trudell écrit actuellement une thèse de maîtrise sur ce qui se passe quand un parent danse avec son bébé. Elle a développé une formation afin de partager son approche pour que les artistes puissent la diffuser partout au pays et ailleurs.
À Moncton, Lou Poirier a décidé de se concentrer sur les bébés qui ne marchaient pas encore.
Lou Poirier souligne que les cours sont de véritables moments pour les parents, car ce sont surtout eux qui sont en mouvement dans la première partie du cours. Pour l’instant, les participantes sont toutes des femmes. Ça leur permet de s'ancrer, d’être en connexion avec leurs sensations corporelles dans le corps qu’elles ont en ce moment, qui est un corps encore en transformation, post-accouchement. Et ça se fait en gardant la relation et le focus avec le bébé.
Pour la première partie du cours, le bébé est davantage au sol. La participante l'active à travers des jeux ludiques, des stimulations visuelles ou sonores et des mouvements. En deuxième partie du cours, tout le monde se met debout, les mamans mettent les bébés dans les porte-bébés. Là on va aller vers des danses marchées, très simples, qui vont être inspirées de danses folkloriques ou de danses sociales, mais aussi de danses contemporaines et modernes.
Souvent les bébés en profitent pour s’endormir. C’est très naturel pour un bébé d’être sur sa maman.
« Quand on marche ou quand on danse avec un bébé sur soi, éventuellement ça le pacifie. On sort du quotidien domestique pour rentrer vraiment dans un moment de présence un à l'autre. »
Des bienfaits physiques et mentaux
Pour Lou Poirier, les bébés permettent de reconnecter les adultes avec le monde des sensations et de s'éloigner du quotidien. Les odeurs, la lumière, le toucher, l’écoute des sons et des bruits. Ils ne sont pas dans le mental.
« Je laisse un temps aux mamans pour discuter, pour échanger, on est là pour créer un petit village. On dit que ça prend un village pour élever un enfant, ben c’est ça. »
Véronique Landry est enseignante à l'Université de Moncton en sciences infirmières. Elle prend le cours MOMent danse avec son petit garçon de 5 mois. Je suis dans le domaine de la santé, je sais que l’exercice physique est important. Mais faire de l’exercice avec mes enfants, je trouve que c’est quelque chose.
Elle ne s’attendait pas à ce son enfant soit autant éveillé durant les cours. La musique, ils disent que c'est bon pour les enfants aussi, toute la souplesse, la coordination, le rythme, la mémoire, la séquence des mouvements...
Christine Boudreau est pharmacienne. Elle a dû être alitée à la fin de sa grossesse. Le cours de danse proposé par Lou Poirier lui semblait être une bonne option pour bouger doucement après son accouchement. Pour elle, le cours est adapté à la vie d’une maman, elle apprécie l’accompagnement de la professeure.
« Je trouve que c’est magique quand on danse. Des fois on dirait que tous les bébés se connectent et dansent ensemble. »
Chrissy Lorette est enseignante secondaire. Selon elle, ces cours sont une opportunité pour briser l'isolement. Comme plusieurs autres mamans en temps de pandémie, on n’a pas toutes les occasions qu’on aurait eues avant pour se rassembler et socialiser. C’est quand même important de faire ça pendant un congé de maternité ou parental, d’avoir des connexions avec les autres.
« Ce n’est pas toujours évident dans la société d’inclure un jeune bébé dans des activités, encore moins durant une pandémie. »
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Avec les informations d’Anne-Marie Parenteau.