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Ali Nestor et Gildor Roy en tête-à-tête

L'autre midi à la table d'à côté, ICI Première.
À table avec Gildor Roy et Ali Nestor

Ali Nestor et Gildor Roy en tête-à-tête

Gildor Roy et Ali Nestor : retrouver sa boussole

Les deux hommes posent en souriant.
Gildor Roy et Ali NestorPHOTO : Radio-Canada / Christian Côté
L'autre midi à la table d'à côté, ICI Première.
L'autre midi à la table d'à côtéPublié le 27 juillet 2019

De quoi discutent un comédien qui connaît un grand succès à la télévision en tant que chef de police et un mentor auprès des jeunes qui a déjà risqué sa vie au sein d'une bande criminalisée? De violence, bien sûr, mais aussi de leur rapport au père et de la façon de faire son chemin dans la vie. Surtout, Gildor Roy et Ali Nestor le font avec une douceur et un respect mutuel admirables.

Ancien champion international d’arts martiaux, Ali Nestor a été membre d’un gang de rue. Il raconte que sa jeunesse a été particulièrement turbulente.

« À l’époque, j’étais quelqu’un qui se cherchait beaucoup. Mon père avait quitté l’armée haïtienne en s’installant ici, mais l’armée est restée en lui. Il était très sévère. À ses yeux, j’avais l’impression de n’être personne. »

Le Bruce Lee de Saint-Michel

Un film de Bruce Lee, vu à l’âge de 10 ans, a fait naître son rêve de devenir un maître des arts martiaux.

« J’ai fait l’erreur de dire à mon père que je voulais devenir professeur d’arts martiaux. J’ai reçu quelques claques derrière la tête. Ce n’était pas son plan. »

— Une citation de  Ali Nestor

Le jeune Ali Nestor a alors cherché une forme de validation dans la rue, dans son quartier de Saint-Michel, à Montréal. Il s’est greffé à des jeunes qui aspiraient au rôle de caïd dans des bandes criminelles.

« Ils avaient l’air en possession de leurs moyens, ils avaient l’air au-dessus de tout, ils faisaient leurs lois. J’y ai retrouvé une espèce de deuxième famille. »

Ali Nestor et Justin Trudeau

Ali Nestor et Justin Trudeau

La Presse canadienne / Graham Hughes

Recentrer sa vie

Ail Nestor se souvient du choc lorsqu’il a appris le décès de sa mère pendant qu’il effectuait un séjour en centre d’accueil.

« Tu te dis que c’est toi qui l’as tuée. »

Mais le sport l’a sauvé, et après s’être débarrassé des mauvaises influences, il a fondé, en 2001, le refuge sportif Ali et les Princes de la Rue, qui aide les jeunes à se prendre en main grâce au sport.

Éviter la déroute en incarnant des taupins

Gildor Roy a passé la majeure partie de son enfance dans une ferme à Rigaud. Il a aussi été élevé dans un univers strict dirigé par un père militaire.

« Je cherchais ce qui pouvait me donner du bonheur, et ça a été la drogue qui a rempli ce rôle. Des drogues dures, de la cocaïne, de l’acide... »

— Une citation de  Gildor Roy

Mais le métier de comédien s’est offert à lui, ce qui a constitué une sorte de bouée de sauvetage.

« J’ai joué une pièce de Feydeau sur l’acide. Il y avait un lit qui tournait, des portes qui claquaient, ça giflait… je n’en ai aucun souvenir. J’aurais pu vraiment mal tourner. »

Gildor Roy, qui a joué souvent des êtres paumés, criminels et imprévisibles, a utilisé le jeu pour faire sortir sa colère.

« Je pense que, dans sa nature, l’être humain est violent. Il est le plus grand prédateur. Mais on nie que la violence existe. Il s’agit de bien savoir la gérer. »

La femme et l'homme assis à un bureau regardent la caméra

Geneviève Brouillette et Gildor Roy dans leurs rôles de District 31

Radio-Canada